Showcase – A$AP Rocky, Le “Pretty Mothafucka” sur Paname

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Le “Pretty Mothafucka” sur Paname

« Huh, God damn ! How real is this ? ». A$AP Rocky a bien des raisons de se poser cette question, tant son ascension a été fulgurante. 23 ans tous ronds, une mixtape de poids (LIVELOVEA$AP) à son actif, un album en préparation, et sa venue à Paris, pour un simple showcase qui plus est dans une salle de concert qui n’en est pas vraiment une (le Social Club), prend des allures de Main Event. Bien qu’un chouïa surestimé à mon goût, son talent n’en reste pas moindre. Sa marque de fabrique ? Faire glisser un flow technique et saccadé sur des BPM très lents et puissants, directement inspirés des sonorités sudistes. Originaire de New-York, très précisément d’Harlem, avec tout l’héritage culturel que cela implique, ses choix musicaux ont de quoi interpeller. Surtout que le rookie de la Grosse Pomme s’en sort très bien dans ce domaine : pour paraphraser mon gars Franckie Small qui a chroniqué sa tape en novembre dernier, à l’écoute de ses sons, on rentre immédiatement dans une ambiance parfumée aux effluves d’herbes en tous genres et aux relents de Cognac et autres boissons qu’affectionnent nos amis ricains. Vous l’aurez donc compris, dans les thèmes rien de bien nouveau : weed, alcool, soirées, bitches, ect. Non, ce qui le distingue des autres rappeurs est clairement la manière avec laquelle il amène cet univers, son style, son Swag. Un bon MC en somme, très prometteur, mais que beaucoup s’empressent déjà de qualifier de futur King, ou autres surnoms lourds de conséquence. Hype quand tu nous tiens… !

C’est « Show » au Social Club

Toujours est-il qu’en ce jeudi 22 mars 2012, son buzz international est directement palpable, surtout lorsqu’on voit la queue qui s’entasse le long de la rue Montmarte, devant le Social Club (2ème arrondissement de Paris). Un public éclectique, composé de « hip hoppers », « hipsters », et demoiselles venus supporter celui qui s’autoproclame le « pretty motherfucker ». Le Social Club, nous y reviendrons plus tard, est loin d’être l’endroit idéal pour un concert. La scène, qui se trouve au fin fond de la boite, est assez minuscule et surtout difficilement visible pour ceux qui ne se sont pas entassés au premier rang. Le tarif du vestiaire et de la conso ont piqué ma carte bleue en plein cœur, me rappelant pourquoi, au final, les places étaient si peu chères (18 euros). Tous ces inconvénients cités (oui, je râle et alors ?!), je vais enfin pouvoir me concentrer sur ce qui nous intéresse : la performance d’A$AP Rocky ! Avec une bonne heure et quart de retard, le DJ du New-Yorkais prend place derrière les platines et nous balance un bon set, composé de classiques et nouveautés East Coast (de Kool G Rap à Fabolous), dans une grosse ambiance. La température monte d’un cran lorsque le « Hands on the wheel » de son collègue School Boy Q est joué. Une vingtaine de minutes plus tard, A$AP pointe le bout de son nez, accueilli par une foule en transe… allez n’ayons pas peur des mots, une foule un peu en mode « groupie ». Remonté à bloc, le rappeur débute par l’un des ses plus gros tracks : « Pretty flako ». Il déborde d’énergie, sautillant d’un bout à l’autre de la scène, devant un public qui l’accompagne dans quasi-chacune de ses paroles. A voir le sourire qu’il affiche, le MC était de loin de se douter qu’il était si populaire de l’autre côté de l’Atlantique : « I didn’t think anybody knews us out here ! ». En l’espace de 15 minutes, les morceaux les plus connus s’enchainent : « Whassup », « Purple Swag », « Brand new guy », « Trilla » qui est selon moi le meilleur titre de sa palette. A deux reprises, le natif d’Harlem se jette dans la fosse, et rappe son couplet porté par son public. Si bien que mon pote me glisse à l’oreille : « Attends, mais s’il fait tout d’un coup, qu’est-ce qui va suivre ?! ». Et c’est un peu là que le bas blesse, le New-Yorkais a mouillé le maillot d’entrée, mais redescendra en intensité lors de la seconde partie du show. Nous n’aurons pas droit à plus d’un couplet par son lors des 15 minutes qui suivent, et le public accuse le coup, moins bruyant, peut-être également à cause de la chaleur. Et surtout, gros point négatif : le son… L’acoustique est exécrable, et vu la lourdeur des basses qui colorent les sons d’A$AP, le rendu est très moyen. Cela n’a pas l’air de déranger les trois quart du public, qui connait son répertoire sur le bout des doigts. Pour ma part, j’avoue que, du coup, il me faut une bonne dizaine de secondes pour distinguer les prods. Et inévitablement, je me dis que même pour un showcase, une salle comme la Bellevilloise aurait pu faire son affaire. En tout cas, le show continue « Leaf », « Get lit », « Kissin pink », etc. Notre MC fait mine de quitter la scène, pour revenir en puissance sur le fameux « Peso ». Connu pour avoir le sang chaud (cf. la bagarre avec le public survenue quelques jours auparavant à Austin, Texas), A$AP ne faillira pas à sa réputation : un fan du premier rang tentera de lui voler son bonnet, et le rappeur montera immédiatement dans les tours, retenu de justesse par la sécurité qui l’emmènera en backstage. A$AP Rocky ne reviendra pas sur scène.

En bref…

Pour un showcase, la prestation du MC est tout à fait honorable, même si on ne peut s’empêcher de penser qu’elle aurait pu avoir une toute autre saveur dans une autre salle. Au fil du temps, et on l’espère notamment pour le concert du Bataclan en juin prochain, A$AP apprendra à mieux gérer son énergie, pour monter en crescendo le long de son set, en non pas l’inverse. Bref, des erreurs de rookie, pour un MC qui reste malgré tout très prometteur.

 

Peace,

Renaud M.

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Renaud M.

J'écris sur les autres, pas sur moi.

5 comments

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  1. TassiSwag 1 avril, 2012 at 03:19 Répondre

    Qu’est-ce que «swag» ? A$AP Rocky ,Il déborde d’énergie, sautillant d’un bout à l’autre de la scène, devant un public qui l’accompagne dans quasi-chacune de ses paroles.

    I

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