[Portrait] Nathy Green – « De la musique pour transmettre des émotions »

Share this post

CYMERA_20141112_140020« De la musique pour transmettre des émotions »

« Nathy Green. Chanteuse, auteur, interprète. Originaire de Toulouse. 26 ans… »

Une présentation concise, épurée et pleine de pudeur, derrière laquelle se cache une montagne de talent. Si la jeune Nathy Green n’en est qu’aux prémices de sa carrière, tous ceux qui ont croisé sa route s’accordent à le dire : il y a quelque chose d’unique chez cette chanteuse. Une voix chaude et suave, de la sensibilité, du groove. Des émotions, de la passion, du goût.  De solides influences, un côté intemporel, un véritable héritage… Un peu comme si les étoiles du genre avaient consenti, d’un accord mutuel, à lui passer le flambeau. Après avoir fait ses armes du côté de la scène hip hop toulousaine, puis observé attentivement ses pairs chanteuses sur la capitale, Nathy s’est sentie prête à se lancer, à son tour. Forte d’un EP (« Green Candy ») sorti avant l’été 2014 et disponible en téléchargement gratuit, la jeune femme fait forte impression. Bien qu’encore confidentiel, ce premier opus est une très belle carte de visite qui laisse présager le meilleur pour l’avenir. Une chose est sûre, celui de la nu-soul française ne se fera pas sans Nathy Green.

Ayant toujours baigné dans la musique (et la bonne !), contexte familial oblige, difficile de pointer du doigt le jour où Nathy en est tombée amoureuse. A la maison, on joue de la chanson française, du jazz, de la soul, de la musique africaine ou encore du gospel. Mais le véritable déclic surviendra un peu plus tard, au contact d’une artiste qui lui ressemble en de nombreux points : « Ces genres musicaux m’ont tous influencée, c’est indéniable. Mais je les subissais, ne les ayant pas vraiment choisis. Le jour où j’ai découvert Lauryn Hill, tout a changé … » En rencontrant ce petit bout de femme touche-à-tout, qui chante aussi bien qu’elle rappe, Nathy est bouleversée et ressent le besoin à son tour de s’exprimer en musique. Si le rap et l’écriture sont les premières disciplines qu’elle appréhende, au sein des ateliers de la MJC de son quartier, elle se découvrira plus tard une voix en fredonnant des mélodies dans l’intimité du foyer familial. Passées les années collège et lycée, au cours desquelles la musique l’accompagne telle une confidente, la demoiselle entre à la fac pour y suivre des études de droit. Son ambition est alors d’être avocate, mais une étonnante rencontre viendra modifier ses plans.

nathy green

Tombé par hasard sur des chœurs que Nathy avait postés sur Myspace, le collectif de rappeurs Maigritude Records la sollicite pour qu’elle intègre ses effectifs, en tant que chanteuse attitrée. La jeune Toulousaine, tout d’abord timide et réservée, accepte cette aventure, sans vraiment savoir ce qui l’attend. Frappée par sa rencontre avec le hip hop en tant que culture, elle embrasse une nouvelle vie et se découvre une véritable famille. Deux années durant, Nathy respire, vit, mange et dort musique, mettant tout le reste entre parenthèses. Elle concocte régulièrement des refrains pour ses compagnons de route, notamment pour le groupe I2C (du regretté DF), et se forge une identité unique dans la ville. Alors que le collectif s’essouffle, face aux visions divergentes de certains de ses membres, Nathy choisit de poursuivre son bonhomme de chemin et prend la direction de la capitale.

CYMERA_20141112_133924Installée sur Paris pour y poursuivre ses études, la Sudiste ne met pas sa passion de côté pour autant. Bien au contraire ! Écumant les soirées soul et autres scènes ouvertes, tout d’abord en tant qu’observatrice, elle éprouve le besoin de prendre son temps avant de véritablement se lancer. Passée cette période d’introspection, qui lui a permis d’imaginer sa couleur, Nathy se sent enfin prête à communiquer ce qu’elle abrite intérieurement : « Green Candy » sera ainsi son tout premier projet solo. Composé de 8 titres aussi diversifiés que cohérents, cet EP gratuit ne laisse personne insensible : le morceau « Feelings », clippé, rencontrera un succès certain. Dès lors, les scènes se multiplient et Nathy est amenée à porter sa musique auprès d’un public qui – très souvent –  la découvre, et –systématiquement – tombe sous le charme : « Mes chansons sont basées sur les sentiments. Ce que j’essaie de faire, c’est transmettre des émotions ». Qu’elle se sente rassurée, car sa mission est largement accomplie.

Travaillant actuellement sur un deuxième projet, notre lady a de la créativité à revendre. Pour assurer la transition entre ses deux opus, elle dévoile aujourd’hui et exclusivité sur Baskets Blanches son tout dernier titre – « Con Science » (disponible ci-dessous) – un morceau instinctif destiné à asseoir un peu plus son identité. Mis en image par Still, duo de jeunes réalisateurs en provenance de Toulouse composé par Kévin Still et Owen (à qui de nombreux artistes ont fait confiance pour l’élaboration de leurs projets audiovisuels, dont Mister V), ce track dévoile un aspect plus sombre de sa personnalité, mais qui fait tout autant partie d’elle. Si la chanson française la découvre à peine, il lui sera désormais difficile de faire sans elle. Mesdames et Messieurs, voici Nathy Green !

Renaud M.

 

Share this post

Renaud M.

J'écris sur les autres, pas sur moi.

No comments

Add yours