Nas à l’Olympia – Life is Good in Paris

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Nas

Presque 10 mois après son dernier concert à Paris et la sortie de son album « Life is good », Nas était de retour pour un concert à l’Olympia. Pour vous resituer, « Life is good », c’est  le 10ème album solo de Nas. Le projet est sortie en juillet 2012 et avait pour force cette faculté à s’adresser aux fans de la première heure et aux néophytes dans un même CD. Ceux qui avaient lu ma chronique sur l’album savent combien j’ai apprécié le résultat, entre ambiances nineties et composition bien de maintenant. Le concert que l’artiste avait donné au Bataclan, presque 3 semaines avant cette sortie présageait déjà une tuerie. Ce qu’il manquait lors du dernier concert, c’est la présence des titres qui ont fait le succès de son dernier album.

Une légende, une salle mythique.

Le concert au Bataclan ayant eu lieu avant la sortie de « Life is good », Nas n’avait pu jouer que les titres que nous connaissions déjà: « Nasty, « The Don », « Daughters » et un inédit (à l’époque) si mes souvenirs sont bons. Les habitués des concerts de Nas, savent que ses shows sont souvent un mélange efficace de classiques et des morceaux de son nouvel album. Le concert du 11 mars 2013 à L’Olympia, était donc l’occasion de voir Nas jouer les lourdeurs qui composent « Life is good ».

En 10 mois, le show a changé et Nas a tiré des leçons de son dernier passage à Paris. Premier changement, la salle. Aurevoir, les températures sahariennes du Bataclan, Nas a choisi l’Olympia pour ce concert et c’est pas plus mal. Salle climatisée, mais en plus de ça, l’Olympia possède une âme et un esthétisme qui manque au Bataclan. Au niveau des autres changements, cette fois-ci pas de live band, mais juste son DJ et Nathan Cole qui était déjà là au dernier show, assurait les voix, la MPC ainsi que la batterie. L’écran géant installé au fond de la scène promettait la dimension visuelle qu’il manquait peut être lors de la dernière venue de Nas sur la capitale !

Cela va presque devenir une coutume, mais je dois vous avouer que je n’ai pas assisté à la première partie. Apparemment, à part les quelques fans de la rappeuse/chanteuse Iggy Azalea, qui assurait la première partie, le show était presque une torture. Seule sa volupté (pour ne pas dire son gros boule) a permis de garder la plupart des gens présents aux alentours de la scène. J’abuse surement vu que mes propos sont basés sur des « on dit » et sur ce que j’ai pu lire sur les réseaux sociaux. Afin d’éviter le hors jeu complet sur cette première partie, intéressons nous directement à notre sujet principal: Le concert de Nas.

Life is good in Paris

En rentrant dans la salle mythique de l’Olympia, j’avais comme le pressentiment que le concert que Nas allait livrer ce soir, serait parfait…Après une longue attente, le mc originaire du Queen’s a enfin fait son entrée sur scène. C’est avec « No introduction » le morceau qui introduction de son dernier album, que The Don a ouvert les hostilités. Ni une, ni deux, l’un des « best rapper alive » a enchainé avec « The Don », le titre de l’album qui a le plus tourné, l’été dernier et qui a donné l’impulsion à l’album. Si Nas a commencé son show avec « The Don », morceau qu’il aurait joué en dernier, s’il s’agissait d’un concert 100% « Life is good », tout laissait croire que nous allions assisté à un florilège de classiques.

Un florilège de classiques, disais-je? Et bien, nous avons eu le droit, à bien plus que ça. Est-ce nécessaire de vous rappeler que dans son dernier album, Nas a mixé avec brio, les atmosphères boom bap, des années 90 et la fraicheur de notre époque, que ce soit dans les flows que dans la sélection instrumentale ? Très longue question, je l’admets mais là n’est pas le sujet. Ce qui est intéressant lorsque l’on compare l’album et le show d’hier soir, c’est les ponts que Nas a fait entre certains de ses classiques « Represent », « Nas is like », « NY State of mind », « Affirmative action », « You da man », « It ain’t hard to tell » et les morceaux de son dernier album. On a donc assisté a une sorte d’ascenseur émotionnel. Nas nous a fait passé des titres qui nous ont suivi tout l’été aux titres qui nous ont « rythmé » notre jeunesse.

Les cris du public à chaque fois que retentissait les premières notes de quasiment chaque morceau, témoignait de l’intensité du show. Contrairement au ressenti de certaines personnes, j’avoue avoir été un peu déçu par le public. Je ne connais pas par cœur toutes les paroles de Nas, c’est vrai. Mais lorsque dans certain concert (notamment le dernier au Bataclan) le public est réceptif et comble les moindres trous que Nas laisse et que là, j’ai vu le rappeur se prendre une vingtaine de vent, je me dis que beaucoup de néophytes étaient présents. Alors, le rap n’appartient à personne et encore moins Nas, mais bon je tenais juste à signaler ce fait, qui – toute proportion gardée – a un peu terni l’échange entre Nas et la foule.

NAS - OLYMPIA

Source photo twitter : @_AnisK

Au delà de cette micro parenthèse, qui n’a surement du gêner que ma personne, Nas a livré un concert digne de ce nom. Le concert fut complet, aussi grâce aux interventions de Nathan Cole, omniprésent tout le long du concert que ce soit dans ses interventions chantés « The world is an addiction », « If i ruled the world »… ou dans son rôle d’instrumentaliste. La présence du chanteur a apporté une dimension supplémentaire et non négligeable au show. En parlant de dimension, soulignons aussi que l’écran géant, qui diffusait les clips des titres joués ou des images d’illustration a joué son rôle au niveau du visuel.

Mêler classiques et morceaux récents c’est bien, le faire de manière cohérente ou originale, c’est mieux. Et c’est ce que Nas a fait, lorsqu’il nous balance les lyrics de « A Queens story » sur la bande instrumentale du fameux « I want you » de Marvin Gaye. Ou lorsqu’il dévie sur du KRS-One au détour d’un couplet. Le mc nous a aussi fait plaisir en nous jouant des morceaux de classiques du rap américain avant de balancer les siens. On sentait bien que Nas avait réfléchi son show et ce n’est pas le passage de « Hate me now » à « Bye baby » qui contredira ma théorie. Il faut quand même que je pointe le doigt sur ce passage du concert. « Bye baby », je suppose que vous connaissez l’histoire de ce morceau, qui est une sorte de thérapie pour oublier son ex-femme Kelis. Il faut souligner que la colombe s’envolant dans le ciel en grand écran était un peu en contradiction avec les paroles du morceau. Pour la seconde gossip, je dirais que Nas est encore à fond dans Kelis et que ce morceau bien qu’exceptionnelle est une belle excuse pour rendre hommage à leur relation à chaque concert (loleuh…).

Excellent concert de Nas, le mec a performé pendant presque 1h30 sans coupure et sans artifices; Enchainant presque sans backeur tous ses morceaux et dans leur quasi intégralité. C’est aussi la grande différence avec le show du Bataclan, car ici on a eu le droit à la plupart des titres en entier. J’ai par contre été surpris par le fait que Nas n’est pas joué « Summer on smash », qui était pourtant un des titres rafraichissant de l’album. C’est peut être le fait qu’il n’a posé qu’un couplet sur ce titre, qui l’a poussé à ne pas le jouer.

« Stay » mais pas sur scène…

Difficile de définir les moments les plus forts du concert, tant l’intensité était palpable tout le long. Mais s’il faut faire un choix, alors je dirais que « One mic » fut l’un des moments les plus puissants du concert. En terme d’émotion, j’aurais bien parlé de « Cherry wine » mais je trouve que la photo de Amy Winehouse entouré de cerise sur le grand écran faisait un peu too much. Malgré ça, belle présence scénique de Nas, fidèle à son style et à son charisme, le rappeur nous a régalé.

C’est sur le titre « Stay » que Nas a quitté la scène. Il faut dire qu’un moment de flottement est passé entre le moment où Nas, son dj et Nathan Cole ont quitté la scène et le moment où l’assistance a compris que c’était réellement la fin. Nas est parti saluant et remerciant Paris mais sans faire de rappel. Le concert s’est donc terminé de manière brutale mais cela n’a rien enlevé à la beauté du show. Encore une fois, l’ambiance était moins « caillera » que pour le concert au Bataclan, le public manquait donc de fougue dans la fosse. Par exemple pour un titre comme « Made you look » qui avait été un des moments forts du dernier concert, malgré l’effet incontestable du public reprenant en coeur les « braveheart » du refrain, je n’ai pas vu la même hystérie qu’au Bataclan. Malgré cela, ce concert du 11 mars 2013 à l’Olympia a été à la hauteur de l’album « Life is good ». Le sourire de Nas sur scène témoigne aussi du plaisir qu’il a pu prendre en livrant son show. Le mc n’a plus rien à prouver à son public parisien, le travail est toujours fait avec plaisir et énergie. Il ne me manque plus qu’à narguer, ceux qui sont passés à côté de ce gros concert et passer un big up à ceux qui encore une fois ont eu la chance d’assister à un vrai concert de rap…

Olympia

 

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

1 comment

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  1. RR77 16 mars, 2013 at 12:55 Répondre

    La moyenne d age etait clairement plus basse qu au bataclan, bizarement vu que c est pas un artiste tres mis en avant en france.

    C est la quatrieme fois que je me vois et pour moi c etait sa meilleur performance.

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