Master Of Ceremonies – Styles P

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Si tu veux faire la fête, « tirer » des garces par procuration et verser du champagne sur l’arrière train d’une strip teaseuse (encore par procuration) n’écoute pas « Master Of Ceremonies » le nouvel album de Styles P. D’ailleurs si tu recherches ce genre d’ambiances, n’écoute aucun des albums solos de Styles P. Ici on parle de rue, de flingue, de jeunes qui souffrent, on parle de gangstérisme, de dealers et de l’état d’esprit du rappeur et de ses invités.

Tu es prévenu (oui je te tutoies, y’a un problème?!), ce projet c’est un pur album de rap, authentique et sans paillettes. Si tu pensais que Styles P aurait appelé son album « Master Of Ceremonies » (qui est la définition de MC soit la définition de base du mot rappeur) pour faire le kéké et te raconter des sotises, loin des thèmes incontournables du rappeur par excellence alors tu te fous le doigt dans l’oeil. Oui, je sais, je t’ai tutoyé et maintenant j’utilise des termes un peu violent ( 🙂 ) mais faut dire que le dernier album de Styles P donne la hargne et l’envie de se la jouer « Harsh ».

« Harsh » ça veut dire cruel, sévère, en gros sans pitié et c’est aussi le titre d’un des singles de l’album de P en featuring avec Busta Rhymes et Rick Ross. Je ne vais pas vous expliquer de quoi peut parler un track intitulé ainsi, on le devine juste au titre, n’est ce pas? (Décidément, y’en a toujours un pour dire « non explique!!! »). « Harsh » est un des titres phares de l’album mais contre toute attente ce n’est pas le plus dur, notamment de par sa mélodie plutôt « sympathique » qui rend moins rude les propos des emcees. Contrairement aux autres productions de l’album qui sont aussi street que les textes.

Comme je vous l’ai dit au départ dans « Master Of Ceremonies », les thèmes principaux ne touchent pas aux ambiances récréatives, misogynes ou égotrips de certains rappeurs. Et vu la tronche des invités il était difficile de faire autrement. Sheek Louch son acolyte de Tha Lox apparait sur « Street Shit » et « Uh Ohh » deux titres bien durs, bien hip hop qui font briser les nuques et qui mettent d’accord. Styles P a misé sur l’authenticité et a respecté le titre de son album. Le gars nous a vraiment fourni du rap et au milieu des albums aux sonorités dans l’air du temps, ça fait du bien d’écouter du rap new yorkais sans sonorités pompées à d’autres villes.

La liste des invités ne se résument pas à Sheek Louch, il y a Lloyd Banks sur « We don’t play » (morceau correct), il y a Rell sur « Im a Gee » et Aja sur « Keep the faith » qui sont mes morceaux préférés dans l’album (avec « Ryde on a regular » qui est un solo).  Pharoahe Monch est l’invité du très bon « Children », Pharell est celui de « Don’t turn away » et Jadakiss (le frère de Styles P) est l’invité du percutant titre intitulé « It’s Ok ». J’ai failli oublier « How i fly », le titre introduction de l’album featuring Avery Storm.

« Master of ceremonies » est un excellent album. Je l’ai trouvé vraiment complet et j’apprécie le fait que certains rappeurs restent fidèles à leur musique. Styles P ne cherche pas à rejoindre la masse en faisant du rap dans l’air du temps, en mode production dirty south ou ambiance « je m’enfoutiste ». Je valide cet album à travers lequel Styles P a proposé ce qu’il sait faire, la qualité en plus.

Note: 8,5/10

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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