[Live-Report] SCH au Zénith de Paris – « On est disque d’or mais on s’en fout »

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SCH au Zénith de Paris –

« On est disque d’or mais on s’en fout »

Très attendu par ceux qui escomptaient le voir le 13 janvier dernier, c’est finalement ce vendredi 16 juin, un peu plus d’un mois après la sortie de son deuxième album « Deo Favente », que SCH foule la scène du Zénith de Paris.

Il est 20h pétantes quand la première partie débarque sur scène : c’est la rappeuse Sianna qui lance les hostilités avec « Traumatiser », accompagnée de son backeur Fanko. La rappeuse défends ensuite le titre « Havre de Paix », toujours issu de son dernier (excellent) projet, « Diamant Noir », sorti en début d’année. Le public, probablement assommé par la chaleur écrasante qui règne sous la tente du Zénith, semble dur à convaincre. Elle enchaîne avec « Sianna », issu du projet éponyme sorti en 2015, et peine encore à entraîner le public avec elle, alors qu’il répète quand même, mollement, le prénom de la rappeuse au moment approprié. Heureusement, son flow technique et acéré commence à trouver un écho grâce à « Go Fast » : le titre réveille la fosse qui commence à se chauffer, et semble plus réceptive et participative quand arrive ensuite « Sur la tête de Marine Le Pen ». Sianna quitte la scène après « Quoi qu’il en soit » et 20 minutes d’un set énergique et qualitatif, et on en aurait bien redemandé.

Au delà de la chaleur et des difficultés que peuvent rencontrer les premières parties face à un public qui n’est pas, par définition, initialement acquis, c’est du côté de la playlist, trop rock, qu’il aurait été possible de faire un effort : il faut attendre 20h32 pour entendre résonner « Woke Up » de Dae Dae & London on Da Track et effectivement voir se réveiller doucement le Zénith.

A 20h45 précises les lumières s’éteignent et l’instrumentale de « Genny & Ciiro », prélude de « Gomorra », retentit : SCH entame le titre issu de sa mixtape « A7 » et entre sur scène, armé de ses éternelles lunettes de soleil et queue de cheval. Le changement d’ambiance est immédiat : le public hurle, chante, brandit son troisième doigt en l’air, bref, la prise est immédiate. Et l’alchimie de se poursuivre sur « Massimo », « Millions », ou « La Malette ». La foule est incollable, et le rappeur continue d’enchaîner les titres issus d’A7, comme « John Lennon », « Gédéon » ou « Rêves de gosse ». Il n’est plus question à ce moment d’essayer de rallier quiconque à sa cause, tout le monde semble déjà conquis. Et oui, je les ai vus les parents accompagnant leurs jeunes ados, s’ambiancer sur « Morpheus »

Suite à ce titre aux 20 millions de vues sur Youtube, SCH nous assure qu’il n’a « pas fini de fourrer ». C’est donc rassurés que nous observons le noir complet se faire sur scène, pendant une dizaine de secondes. Très vite les hurlements de la fosse reprennent, et pour cause, voilà que le rappeur a enlevé sa veste. Mais les hurlements redoublent encore quand arrive sur scène une surprise de taille, en la personne de Lacrim. Les deux rappeurs interprètent « Liquide » et le controversé « Ça va », premier titre de la soirée issu de « Deo Favente ». Le Zénith est ravi, et c’est sous les applaudissements de la foule que Lacrim retourne en loge, alors que le S reprends le cours de son set avec « Dix-Neuf », puis « A7 ».

La défense de son dernier projet était donc, pour l’instant, de courte durée. Les hits se succèdent ensuite : « Je la connais », aimablement dédicacé à « toutes les petites meufs de la soirée », « Allo maman », « Fusil »… Et enfin, la déferlante Deo Favente, entraînée par « Comme si » : s’enchaînent ensuite « 6.45i », « Poupée Russe », « Nino Brown » et « Mac 11 ». Le moment idéal pour placer, l’air de rien, que « on est déjà disque d’or, mais on s’en fout ». Quand même, ça se mentionne. Le concert touche à sa fin après « Anarchie », issu de l’album éponyme. On aura tout de même droit à un titre en rappel, parce qu’il en manque une, rappelle-t-il à DJ Bellek : comment partir sans interpréter « Champs Elysées » ?

Un concert réussi, efficace, équilibré en terme de projets – de l’ancien, du neuf, de l’hors projet, le tout soutenu par un public réactif et manifestement satisfait qui peut ensuite, devant le Zénith, se procurer un poster recto SCH, verso Christophe Maé. Collector.

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