[Live-Report] Paris Hip Hop Winter à La Maroquinerie : Josman / O’Boy / Take A Mic / Makala

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Paris Hip Hop Winter à La Maroquinerie : Josman / O’Boy / Take A Mic / Makala

Alors que Denzel Curry déchaine les passions quelques mètres plus loin au sein de la Bellevilloise, la Maroquinerie affiche complet ce dimanche 11 décembre. L’édition hivernale du Paris Hip Hop réunit pour l’occasion 4 artistes : Josman, O’Boy, Take A Mic et Makala. Le premier est un habitué des battles, séances d’improvisations et autres freestyles. Il a la science de la gestion du public. Son dernier projet « Matrix » a confirmé tout le bien que l’on pensait de son évolution musicale. Le second est un newcomer à ne pas prendre à la légère. « Olyside », sa carte de visite, a reçu un bon accueil auprès du public rap français. Même si tout reste à prouver, il peut au moins se targuer d’avoir un bagage solide à défendre sur scène. Le troisième n’en est clairement pas à son coup d’essai. Multipliant les mixtapes en solo et avec son crew Eddie Hyde, l’orlysien brille par ses flows rapides et ses punchlines. Un atout avec lequel il sait jouer face au public. Le quatrième et dernier concurrent nous vient de Genève. Le seul expatrié de la soirée n’est pas encore très connu du public parisien mais ne vas pas tarder à le devenir. À l’inverse, la renommée de son jeu de scène très énergique sur son territoire Suisse est avérée, nul doute qu’il saura transformer l’essai à l’extérieur. Les présentations sont faites, ça tourne.

Si jeune soit-il, Josman a clairement l’expérience du terrain. Son récent projet « Matrix » lui a fait passer un cap artistique qui se vérifie sur scène. Si on pouvait reprocher à « Echecs positifs » d’être parfois trop linéaire ou pas assez énergique, il nous a fait mentir en se réinventant sur ce dernier opus. Alors qu’on le digère à peine, il nous annonce ce soir que son prochain projet est déjà bouclé. Une bonne nouvelle pour la suite. Son show est travaillé, les transitions sont efficaces, ses plus gros titres résonnent dans toutes les têtes pendant près d’une demi-heure. De « Doobie » à « PussyBoyz » en passant par « Mauvaises Nouvelles », chaque titre est interprété avec la ferme intention de soulever la foule. Et le public le lui rend bien. Accompagné par Eazy-Dew derrière les platines, Josman balance en exclusivité un titre de sa prochaine fournée avant de s’éclipser. De quoi faire saliver un public déjà largement acquis à sa cause. La maturité artistique glanée depuis son dernier projet s’est vérifiée sur scène, on est curieux de voir ce qu’il nous réserve pour l’avenir.

Place maintenant à O’Boy, épaulé par Rakoto 3000. Après une prestation en demi-teinte en première partie de Metro Boomin en avril au Trabendo, on était en droit d’attendre davantage de O’Boy sur scène. Son projet « Olyside » marquait les bases d’un univers musical bien inspiré par l’Outre-Atlantique tout en gardant une identité musicale personnelle. En guise d’introduction, « ODB », également morceau d’ouverture de son projet. D’emblée, on constate que la nonchalance reste sa marque de fabrique. Capuché, lunettes de soleil sur le nez, O’Boy marche et récite son texte. Le partie pris du medley live en coupant chaque track avant la fin empêche le public de rentrer pleinement dans l’univers du rappeur. Après un début timide, il s’empare enfin de la scène quand sonnent les premières notes de « Codion ». L’éclair de génie se poursuit avec « Rollin up » et se termine sur une exclusivité de son prochain opus. Une fin de show pour le moins surprenante. Malgré un backeur trop énergique qui ne correspond pas toujours aux bpm employés, et un DJ parfois trop porté sur les bruitages d’ambiance, tout n’est clairement pas à jeter. On regrettera l’intensité en crescendo et la déshinibition tardive du rappeur mais les quelques tracks performées à la fin du show permettent de conclure sur une note positive. Une prestation en dent de scie qui, on l’espère, se professionnalisera au fil du temps.

Peu avant 22h, Take A Mic fait son apparition. Membre sur-productif du Eddie Hyde, dont on vous racontait le parcours il y a quelques mois, l’orlysien a rempli sa part du contrat ce soir. Il se met très vite le public dans la poche. Ses classiques « Vida » et « Pour Sortir » créent les mouvements de foules attendus, le feu est maîtrisé. Grand adepte du kickage, il lâche ses plus gros morceaux que le public parisien back de manière studieuse. Il est rejoint au milieu de son set par ses potes du Eddie Hyde avec lesquels il entame « El niño terrible », extrait de son prochain EP, suivi de prêt par le bien connu « J’aurai pu », morceau phare de la discographie du crew parisien. On a également droit à une exclusivité avant de ponctuer son show par « Canalise ton stress ». Sa prestation aura été à la hauteur des attentes du public. Son flow saccadé, quelque peu répétitif par moment, a trouvé son public à Paris et a convaincu les rares sceptiques d’être présents pour la sortie prochaine de « Bipolaire ».

On ne va pas se mentir, Makala était l’attraction qu’il ne fallait pas rater ce soir là. La cerise sur le gâteau pour ceux qui seront restés jusqu’au bout. Avec sa dégaine de dictateur africain, veste kaki sur les épaules, prêt à partir en guerre, le genevois d’origine a mis tout le monde d’accord. Il assomme le public parisien dès son entrée sur scène. Possédé par une rage impossible à atténuer, il alterne entre morceaux classiques de sa discographie comme « Capela » ou « Big Daddy Mak » et des exclusivités. Ses refrains sont efficaces, parfois d’une dissonance artistique. À la manière d’un Travi$ Scott, il enflamme la scène et le public, créant des pogos à chaque nouveau couplet. Pink Flamingo, Slim K et tous ses proches à ses côtés participent tout autant à l’énergie déployée, créant une sorte de rite incantatoire permanent. À l’image de son « Coup mortel » (prononcé [dmɔk] dans une langue inconnue), chaque titre est un violent coup dans la nuque pour le public parisien. À 23h15, le show se termine, l’ovni redescend sur Terre et l’humain reprend le dessus. Makala remercie tous les artistes présents, l’organisation et le public de la Maroquinerie. Une petite victoire avant son retour à Paris pour un futur concert solo.

Cet épilogue en apothéose marque la fin de la soirée qui aura tenu ses promesses, malgré des prestations parfois inégales. Chaque artiste a su transmettre, avec plus ou moins de réussite, son identité musicale au public parisien qui le lui a bien rendu. Soirée de clôture réussie pour le Paris Hip Hop qui nous donne rendez-vous l’été prochain avec de nouveaux artistes. Restez branché !

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Toni S.

Dans la matrice comme Néo. Peu d'élus dans nos milieux. Paris East-Side

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