[Live-report] Espiiem à La Maroquinerie – « C’est sûrement le concert de ma vie ce soir »

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Espiiem à la Maroquinerie – « C’est sûrement le concert de ma vie ce soir »

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En tant que fervent défenseur du rap et de sa culture, c’est avec près d’une heure de retard que je me présente devant les portes de La Maroquinerie. Après quelques discussions fortuites, je pénètre dans la salle aux alentours de 20h45, 5 minutes avant l’arrivée de Matou pour un DJ set des plus techniques. Caractéristique de l’ouverture musicale dont font preuve les érudits du Noble clan, Matou propose un set très rythmé avec des sonorités électroniques, trap et future bass qui feront mouche auprès du public. Le célèbre remix de « Chargé » par Mr. Carmack amène la tension à son paroxysme alors que le noble s’apprête à rentrer sur scène.

2« Que chaque personne dans cette salle prenne le temps de checker son voisin de droite et son voisin de gauche »

Après 30 minutes de préchauffage, le four est maintenant à sa température maximale et c’est avec le très efficace couplet issu de « 777 » que Espiiem fait son entrée sur scène. La chaleur est palpable, l’ambiance est à son firmament si bien que le rappeur parisien fait tomber la veste au bout du deuxième morceau. Tout de noir vêtu, c’est un Noble conquérant qui se présente devant le public parisien. Bien décidé à retourner le bâtiment pour l’occasion, il souhaite tout de même le faire dans les règles de l’art. Prenant à partie le public, il s’exclame : « Que chaque personne dans cette salle prenne le temps de checker son voisin de droite et son voisin de gauche ». Le message est clair et cohérent avec le personnage, le respect est une des règles morales de la soirée. La grande majorité de la salle s’exécute et c’est avec le sourire et la détermination au fond du regard que le Noble reprend son set.

Au cours de la soirée, Espiiem proposera au public parisien les dernières pépites de son album « Noblesse Oblige » tout juste une semaine après sa sortie. Alternant avec des titres plus posés comme « Darling », il réussi un tour de force lorsque les différentes capuches et casquettes présentes dans la salle balancent les mains et hochent la tête en rythme. Les classiques sont respectés, la salle tremble lorsque le emcee exécute ses petits pas de « Paso Doble » puis s’embrase sur le traditionnel « Supernova ». Le public retient son souffle lorsque les premières notes de « Devant Dieu » retentissent. Des frissons parcourent la salle alors qu’un puissant « ce morceau je le consacre à l’homme de l’est » résonne dans les crânes parisiens. Sa mémoire est honorée.

1« L’acrobate parisien a bel et bien rempli sa part du contrat »

Malgré tout ça, les titres les plus efficaces de la soirée seront finalement à mettre au crédit du dernier projet en date du Noble parisien. À Paris comme au cœur de sa maison, il n’oublie pas d’inviter sa « Deuxième Famille » sur le titre du même nom. Alors qu’il revêtit sa cagoule et procède au braquage pacifique de La Maroquinerie autour de 22h, au même moment auront lieu les terribles évènements dont Paris n’a pas encore pansé les plaies. Il en profite également pour faire participer son Entourage parisien et partage successivement le micro avec Deen Burbigo sur « Suprématie » puis Esso sur le très efficace « Réfléchis Pourquoi ». Sur les coups de 22h30, Espiiem prend des allures de Moïse et sépare la salle en deux pour un puissant « Pogo ». Il achèvera son set quelques minutes plus tard en apothéose, non pas sur le titre du même nom mais bien avec le morceau éponyme de son EP sorti en 2013, « Haute Voltige ».

L’acrobate parisien a bel et bien rempli sa part du contrat, sa prestation scénique fût de haute volée. À l’instar du jeune Tory Lanez qui retournait La Maroquinerie deux mois et demi plus tôt (live-report à lire ici), Espiiem a flotté sur la foule et s’est emparé de la scène avec une rare énergie. La maxime du noble a été respectée jusque dans son départ, sombre et sobre. Ce vendredi 13 novembre 2015 sera dorénavant à marquer d’une pierre blanche. Même si le cœur n’est pas aux réjouissances, le Noble aura réussi à apporter la lumière et l’éclat nécessaire pour faire de ce concert, le concert de sa vie.

Crédits Photos : Arsedi

Toni S. pour Baskets Blanches

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Toni S.

Dans la matrice comme Néo. Peu d’élus dans nos milieux. Paris East-Side

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