[LIVE REPORT] Brav a conquis la Bellevilloise, en famille !

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Brav, on connaissait sa plume, sa technique, mais pas encore l’étendue de son jeu scénique. Pour celui qui se produit souvent en concert en appartement mais beaucoup moins sur les planches, le 24 mars à la Bellevilloise était un grand test.

Trois quarts d’heures avant la première note, une foule occupe déjà tout l’espace devant la scène. Pour cette première date parisienne, l’impatience est au plus haut. Ses fans les plus fidèles, ou les plus récents comme moi appâtés par l’ovni « Error404 » (dispo depuis le 26 février), ne s’attendaient sans doute pas à vibrer devant un show de 2h tambour battant, au sens propre.

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« ERROR 404, ce concert n’a aucune raison d’exister »

Cette phase résonne à son arrivée. Pas d’accord avec toi Brav. A peine entamé, on sait ce qui nous a amené ici. Pour un rappeur qui pousse la voix, le passage sur scène est révélateur. Il rassure d’entrée de jeu quand il entame « Seigneur ». Les soupçons sont balayés d’un trait. Il nous emmène dans son monde. Alors on baisse la garde, on écoute et on profite.

Très proche du public, la relation est presque fusionnelle : échange de regards avec des visages croisés pendant ses concerts en appartement, accolades et apartés. L’atmosphère est conviviale. Pourtant, ce n’était pas gagné. Le propos est dur. On reçoit en pleine face nos travers et ceux de notre époque. J’imaginais bien un parterre de dépressifs venus partager un moment entre semblables, entre deux Tranxènes… Mais non, le havrais lâche sa tignasse, se met à kicker au milieu de la foule, monte sur le bar, invite son public à pousser les décibels, alterne les flows purement rap, et les refrains ou couplets chantés…

 

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On le voit presque possédé quand il se rue dans le public pour « Brav against the machine », mais aussi touchant quand il entame «Meilia» devant une fille du public. Sans transition, on passe à « Bagarrer », titre qui prend toute sa force sur scène.

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L’ambiance monte encore d’un cran avec les passages de Ladea, Youssoupha et évidemment Tiers Monde, venu lâcher quelques phases de « No Future », dans les bacs le 29 avril prochain.

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Brav est heureux d’être là et ça se voit. Belle perf’ que d’arriver à nous transporter avec des titres rugueux comme « Revolving », « Sous France », ou libérer une joie et une énergie communicatives sur « Préviens les autres ». Je croyais voir un rappeur, j’ai vu un musicien qui ose s’aventurer dans le rock et la pop. On se demande presque s’il n’a pas une double vie quand il chope un tambour et part en impro. Alors oui, il ne zouke toujours pas mais il bouge pour occuper toute la scène. Il s’éclate. Wilfried est chez lui ce soir.

Parfois dans l’émotion, le « prolo » oublie les paroles, mais pour vérifier que la foule les maîtrise (déjà) sur le bout des doigts ! Le tout donne quelque chose de spontané, qui sort du cœur et des trippes. Bref, un spectacle vivant.

 

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S’il ne manque pas de remercier toute l’équipe de Din Records, il en place une pour sa famille au sens large, celle qui le suit de si près et qui ne cesse de grandir. Surprise, sa famille c’est nous, spectateurs de la Bellevilloise.

Coup d’œil à ma montre, on approche des 2 h de concert. Brav conclut avec le très plébiscité « Post scriptum » – écrit pour Kéry James – et ne rejoint pas les coulisses mais le public. Son public.

Ce soir, j’ai vu un vrai talent d’interprétation au service d’une plume aiguisée. Et en sortant de la Bellevilloise, on se sent un peu comme à la fin de la première écoute d’ « Error404 » : retourné par l’ascenseur émotionnel, torturé par l’ardeur du texte, mais avant tout enrichie d’une expérience tout simplement humaine.

 

 

 

 

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Fred Jasseny

Quand je ne parle pas de rap français ou de boxe, je voyage.

4 comments

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  1. SURL | Brav : "Ce n'est plus la musique qui vend" 16 avril, 2016 at 12:47 Répondre

    […] "Plus on devient des hommes plus on perd notre humanité." À voir Brav fendre avec aisance la foule pour rapper au milieu de son public, ou de ses « amis », comme il aime à les définir, on peut se demander pourtant s’il ne promène pas avec lui cette capacité à créer de la proximité, interpellant l’auditeur par son jeu poétique avec les contraires. En appartement ou à La Bellevilloise, il finit son concert allant directement à la rencontre du public. Habitué à livrer de nombreux shows en appartement, on a l’impression qu’il a réduit les dimensions de la salle, l’espace d’une soirée. […]

  2. Tall's 4 avril, 2016 at 16:14 Répondre

    Vu dans la salle l’Affranchi sur Marseille.

    Le compte rendu est fidèle à 100 % de ce à quoi j’ai eu le plaisir d’assister.

    Un grand concert pour un homme qui je l’espère, rejoindra le panthéon de ceux qui mettent le feu sur scène.

  3. Marin 3 avril, 2016 at 22:28 Répondre

    Si je peux me permettre, il n’a pas chanté Marla Singer mais Meilia avec la jeune fille sur scène ! Sinon l’article est vraiment représentatif de ce qu’il s’est passé ce soir là à La Bellevilloise !

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