La Fouine vs Laouni

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Tout d’abord en ce 14 février 2011 je ne vais pas te souhaiter une bonne Saint Valentin. De un parce que tu ne t’appelles surement pas Valentin (en tout cas il y a peu de chances) et de deux parce que je ne vois pas l’intérêt de souhaiter une bonne Saint Valentin à une personne qui s’appelle Mamadou, Jessica, Sonia ou Nicolas.

Si ta meuf ou ton mec te demande « Chéri(e) y’a quoi aujourd’hui? », tu réponds que c’est la sortie de l’album de La Fouine intitulé « La Fouine VS Laouni ». C’est le 4ème album du mc made in Trappes et en même temps c’est son premier double album. Et ouai sympa, par amour pour son public Laouni (c’est le prénom de La Fouine) nous offre deux CD’s pour le prix d’un. Deux CD’s, deux univers, deux visages, d’un côté La Fouine: violent à souhait, bourré de punchlines et d’insolence (conseil du jour: si tu accompagnes ta mère quelque part, enlève le CD 1 de ton poste radio et fout le deuxième CD), de l’autre côté Laouni: rêveur, responsable, romantique et à cœur ouvert. Puisque c’est comme ça, moi je vais faire une chronique pour chaque CD. Pour la première fois je mettrai aussi deux notes, non mais…

CD1: La Fouine Nhar Sheitan.

Impoli, impertinent, violent, énervé, sale et sans pitié. Voici les mots qui me sont venus à l’esprit et qui caractérisent assez bien le 1er cd du nouvel album de La Fouine. Une chose est sure c’est que La Fouine en veut à certains rappeurs et il faut dire qu’ils en prennent pour leur grade. En écoutant cet album on se rend rapidement compte que le type a un ego sur-dimensionné et qu’effectivement il ne s’en lasse pas. A chaque titre de ce cd, il s’en prend aux rappeurs, à leur portefeuille, leur voiture, leurs meufs, leurs mères, leurs soeurs, leurs grand-mères, et à leur condition de vie en générale.

De quoi stopper les carrières des mc’s les moins déteres. C’est avec un flow assez dur que La Fouine balance ses couplets, j’avoue que parfois j’ai quand même eu l’impression qu’il se forçait un peu sur l’intonation pour marquer le fait que cette partie de l’album est la partie Gang. On peut être gangsta sans pour autant avoir une voix de parrain, enfin dans l’ensemble on s’habitue vite à cette façon de poser. Ce qui est marquant par contre c’est la légèreté de certaines rimes, La Fouine a le don de commencer ses mesures avec une bonne accroche et de les terminer avec un truc bateau genre « Ouai on a percé… » là tu te dis qu’il va te sortir la punchline de 2011 et là il conclut avec « toi t’as qu’les oreilles percées ».

En même temps le rappeur l’avait annoncé lors de son interview dans le magazine Rap Mag du mois de janvier sur lequel il était en couverture, je cite « Pourquoi ferais-je des textes conscients? Tout le monde a sa propre conscience et sait faire la différence entre le bien et le mal. Je n’ai aucune leçon à donner » puis plus tard dans la même interview il ajoute « La Fouine, c’est un personnage. Un petit con qui raconte de la merde. La vraie personnalité de Laouni, tu la retrouves dans le disque deux. » OK, donc c’est clair, il ne faut pas s’attendre à des textes poignants ou des métaphores interstellaires pour la partie de l’album que je qualifie de « sheitanesque ».

Si on part de ce principe alors l’album est bon, les instrumentaux sont dans l’air du temps et les textes faciles à retenir. Avec ce cd, y’a de quoi foutre un boucan monstre en concert. Côté featuring La Fouine a invité The Game sur « Caillra For Life », morceau dans lequel le mc de Compton lâche quelques rimes en français. Rohff est le deuxième invité de Fouiny Baby avec le titre « Passe leur le salam » dans lequel les deux emcees poussent encore une fois leur orgueil au sommet. Pour clore le chapitre featurings ainsi que ce premier cd vous retrouverez Soprano, Seth Gueko, Admiral T, Canardo et Nessbeal sur le remix du son « Bafana Bafana » un des meilleurs morceaux du cd.

A ceux qui s’attendaient à du rap moins festif réécoutez les derniers albums de La Fouine et vous vous rendrez compte que le mc suit la même ligne directrice. Ce cd est tout simplement la continuité du travail fourni dans les précédents albums. Et si l’on compare les lyrics de Fouiny à celles de certains rappeurs américains, le contenu est quasiment le même. Pourquoi on accepterait avec les kainris et pas avec La Fouine hein? Après analyse, je valide ce premier cd mais j’attends vraiment plus du second niveau richesse des textes.

Note: 7/10



CD 2: Laouni, au nom du père, du fils et du Saint MC

Conscience, famille, passé, ambition, sont les mots qui me viennent à la fin de l’écoute de ce deuxième CD. Le côté Laouni, c’est celui dans lequel le rappeur se délivre. Allez, dans les tiroirs l’égo de La Fouine! Ici c’est le père de famille, le fils de sa mère défunte (R.I.P) et de son père, qui s’exprime. Un grand frère, un rêveur, un écorché. Les morceaux sont plus doux, plus posés. Évasion garantie, Laouni nous conte sa vie et troque ses lunettes noires, ses cornes ainsi que son flow agressif contre son piano, ses vocalises et son flow mielleux.

De son passage par la case prison aux difficultés d’être père, c’est avec humilité que l’album commence. « Débuter d’en bas » un titre fédérateur dans lequel Laouni appelle à l’espoir, à l’ambition et relate l’époque difficile de sa vie, de ses diners fournis par les Restos du coeur, de son séjour au placard et du temps où il regardait ceux qui avaient beaucoup plus que lui. Les titres sont en général dans la lignée d' »Immortelles » ou « La mémoire dans la peau » pour ceux qui ont écouté son dernier album.

On apprend ici qu’avant d’être La Fouine, le rappeur est un homme responsable qui a trimé comme tout le monde et peut être bien plus que certains. On comprend même que parfois il s’est retrouvé au fond du trou et a su remonter la pente. Oubliez les mots « Hardcore », « Violence », et « Bling Bling » pour qualifier les titres du côté angélique de l’album, j’utiliserais plutôt des adjectifs comme « joli », « mélodieux », « éclectique ». D’ailleurs parlons-en de son éclectisme…On le savait depuis son surprenant morceau « Feu rouge » extrait de son dernier album « Mes Repères », La Fouine kiffe pousser la chansonnette et se frotter sans prétention à la variété française.

Dans « La Fouine VS Laouni », il en remet une couche un peu partout mais surtout sur ce fameux titre intitulé « Les vents favorables » dans lequel Laouni se classe clairement auprès des Raphael, Grégoire etc. Qu’en dire? A part que le résultat est plutôt réussi mais que je préfère quand même son rap conscient malgré les efforts et le culot d’un tel titre dans un album rap. Aussi je me demande quel accueil peut avoir ce titre en concert. Le must de l’album c’est ce « Elle venait du ciel » en featuring avec Zaho.

Impossible de passer à côté de cette tuerie, je vous balance le street clip pour ceux qui ne l’auraient pas vu. Leila et Evaanz sont aussi en featuring sur l’album, niveau R’n’B je n’ai pas été séduit par les prestations des chanteuses par contre les titres eux ne sont pas mauvais.

L’album « La Fouine VS Laouni » est réussi dans son ensemble, un bon équilibre entre le côté street et l’intimité du rappeur. Je ne me vois pas écouter un cd sans l’autre. Avec ce projet La Fouine va judicieusement séduire différents publics en dehors de celui qui formait déjà sa « Fan Base ». Comme d’hab il va y avoir des déçus mais je pense que tout le monde peut y trouver son compte sur un ou quelques titres.

Note: 8,5/10



Si t’es pas nul en maths tu fais le calcul et ça donne un 15,5/20 pour l’ensemble de l’album « La Fouine VS Laouni » dans les bacs depuis ce matin!!!

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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