Interview de DJ Hamdi – Urban Shoot

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Si vous nous suivez régulièrement, vous connaissez déjà tous « Urban Shoot » : un micro deux platines et du kickage. DJ Hamdi, instigateur de ce concept, qui met en scène, chaque mois, de nombreux rappeurs s’adonnant à de grosses sessions freestyles, a accepté de se prêter au jeu des questions/réponses. Vous allez ainsi pouvoir découvrir qui est Hamdi, d’où vient le concept « Urban Shoot » et ce que lui et son équipe nous réservent. Bonne lecture !

Baskets Blanches : Peux-tu te présenter et retracer ton parcours pour les gens qui ne te connaissent pas ?

DJ Hamdi : Dj Hamdi, co-fondateur de la structure Makila Mizik composée également du rappeur Escobar Macson, et de Mike (Communication). J’ai commencé le son il y a une quinzaine d’années à Sarcelles avec Bélly et Arté (2 rappeurs Sarcellois), j’enregistrais leurs sons et les suivais sur scène en tant que DJ, on était en 97-98. J’ai fait ma première mix-tape de rap français en 2000 « Sans Thème ni Lois » ensuite avec R.A.N.I. (Drive By Firme) en 2002 on a sorti la tape « DRIVE BY INTIFADA« , toujours composée de morceaux de rap français inédits.

D’autres projets sont arrivés ensuite et de fil en aiguille les rencontres et les collaborations se sont cumulées. Notamment avec le groupe Anfalsh (Prodige, Casey et B.James) que j’ai rencontré pour mes mix-tapes. On gardait contact, je les appelais lorsque j’avais des plans « tape » ou autres. Tout naturellement ils ont fait appel à moi en 2007 pour une date de concert au Blanc-Mesnil, s’en sont suivies 2 tournées avec Casey pour ses 2 albums « Tragédie d’une Trajectoire » (2007) et « Libérez la Bête » (2010).

– B.B : En quoi consiste « Urban Shoot » et comment t’est venue l’idée de lancer un tel projet ?

– DJ.H : Il s’agit de sessions de freestyle tournées en live avec plusieurs cadreurs, ainsi qu’un perchiste. Le principe du multi-cam nous donne cette dynamique dans les montages, avec des plans larges, serrés ou comme lors des sessions spéciales, des plans de grue. Depuis la N°1 je bosse avec les mêmes cadreurs, Cebri, Uto, Brice de la corte, Sofiane, Fifou. Certains comme Trézor, Clarky , Roro, Nicolas Himmer et Cleefstone se sont greffés sur certains épisodes. Le rap est enregistré à l’aide de la perche, quant à moi j’enregistre ce que je fais sur les platines avec un multipiste numérique soigneusement caché. Je synchronise ensuite le tout et mixe ça à la baraque. On peut dire en tout cas qu’une réelle équipe technique est derrière et que sans elle tout cela ne serait pas possible. Urban Shoot ne serait certainement pas ce qu’il est aujourd’hui sans eux, et bien entendu sans les rappeurs qui y participent.

Pour ceux qui auraient encore des doutes, il s’agit bien de live à 100% que ce soit pour les lyrics ou bien pour ce que je fais aux platines. Donc si il y a une bavure, on recommence, on n’est pas du tout dans des conditions de tournage de clips. On ne répète pas oune se voit pas avant, il arrive même que les rappeurs se rencontrent pour la première fois sur les lieux de tournages.

L’idée de réaliser ce genre de rencontre m’est venue lorsque je finalisais mon projet 1 Micro / 2 Platines, il fallait trouver un concept original pour présenter les artistes présents sur mon skeud et il fallait absolument que ce soit de la vidéo. J’étais à cette période sur la tournée « Libérez la bête » de Casey. Depuis quelques mois on était entré dans une mécanique de Live due au grand nombre de concerts qu’on avait fait. Mon projet étant uniquement composé de freestyle. Il m’a donc semblé naturel de faire des vidéos de freestyle live.

Par la suite un pote canadien m’a parlé des « Cypher » de Primo (Dj premier). En allant voir sur Youtube, je me suis rendu compte que ça existait outre-Atlantique. Même formule: Multi-cam et vidéos en noir et blanc. J’étais un peu dégouté en les voyant, moi qui pensais arriver avec un truc que personne n’avait fait. Les freestyle vidéos existaient, mais vu sous cet angle là, pas à ma connaissance. Ça ne m’a en tout cas pas empêché de continuer.

– B.B : Peux-tu nous faire un récapitulatif du contenu des dernières éditions ?

– DJ.H : Les artistes participants aux sessions N°1 à N°9 sont pour la plupart des amis de longue date et sont présents sur mon projet « 1 Micro / 2 Platines » sorti le 28 mars 2011. Au cours de l’année précédente il y eu aussi La spéciale LALCKO (N°6) et la spéciale ESCOBAR MACSON (N°7),

Avant la sortie de mon projet je voulais surtout mettre en avant les rappeurs concernés par celui-ci. Aujourd’hui je n’ai plus de projet à défendre donc je suis un peu plus libre au niveau de mes recherches et de mes choix. On est en partenariat avec la boisson Saoudienne « Moussy » et Urban Shoot est aujourd’hui un programme de la Chaine OFIVE.TV.

– B.B : Comment sélectionnes-tu les artistes qui y participent ?

– DJ.H : Les sélections se sont toujours faites naturellement. Pour les premières, elles se faisaient parmi mes proches. Depuis la N°10, avec Mike nous avons élargi notre champ de vision en invitant des rappeurs d’autres horizons, en essayant de créer des groupes cohérents dans leurs rap ou d’autres complètements éclectiques. On s’arrange aussi pour se placer dans le plan promo des artistes, et s’aligner à leurs dates de sorties.

On est vraiment dans une optique de partage, on fait tous la même musique, alors si on est dans le même état d’esprit et c’est ce qu’il y a de plus important, alors on peut collaborer sans aucun problème.

Malheureusement les sessions sont beaucoup plus faciles à mettre en place sur le papier que dans la réalité. Certains pensent que dans le rap on fait tous partie d’une grande et même famille: C’est totalement FAUX !!! Chacun tire la couette de son côté. C’est la raison pour laquelle on ne se mélange pas trop. Les gars te parlent de rassemblement, d’unité dans le « Hip Hop » et quand tu les appelles, ils te prennent tellement de haut que tu en as le vertige à leur place, bordel !

Les participants ne sont pas tous des potes, mais on va dans la même direction en tout cas, et plus ou moins de la même manière, sans faux semblants.

– B.B : A quoi peut-on s’attendre pour les prochaines sessions ?

– DJ.H : Les prochaines sessions ne seront pas à l’image des anciennes. On a fait appel à des artistes qui n’avaient jamais participé comme Kaaris par exemple sur la N°10 ou encore Ron Brice sur la 11. Ça sera le cas pour les prochaines également. Un peu de la nouvelle école et un peu de l’ancienne. On badigeonne à toutes les sauces en quelques sortes. Des sessions Mayo-Chili Thaï. L’essentiel est d’être dans un bon état d’esprit, de travailler avec des personnes qui ont les mêmes valeurs que nous, et de bien se fendre la poire.

– B.B : De tous les rappeurs que tu as invités sur « Urban Shoot », quel est celui qui t’a le plus impressionné ?

– DJ.H : Beaucoup de rappeurs m’ont mis une claque. Des gars comme Lalcko qui improvise à tout bout de champs, des Esco qui te balance des punchlines sans mettre de gants. Scardini aussi que tout le monde attend à chaque session à laquelle il participe. J’ai pleins d’anecdotes pour chacune des sessions vraiment mais parmi les artistes que je ne connaissais pas, Il y 70CL (ATIS & SINTO – session N°6 et 8). Les gars sont arrivés calmes sur le lieu de tournage, ils étaient dans leur coin. Mais quand ça s’est mis à rapper. On était 2-3 à se regarder. Les gars étaient tellement prêts, ils avaient écrit le texte sur mesure, « Swaggés » comme il se doit, ils se backaient, gestuelles synchros… Tout ça sur la prod d’Araab Muzik « LA BAMBA » Merde tout simplement énorme. Vraiment c’est pour ce genre de moment que je continuerais à faire ces freestyles. Les journées où l’on tourne nos sessions sont des journées de speed intense et en même temps on se tape des barres sans arrêt.

Tu peux le demander à tous les participants vraiment, on rigole plus qu’on ne bosse.

– B.B : Quelle est ta vision du rap français ?

– DJH : J’aime le Rap mais beaucoup moins les rappeurs… Se dire d’un milieu, d’une appartenance religieuse ou sociale et agir comme certains le font, me donne tout simplement la gerbe. Après tu as les clones, faire de la musique pour moi signifie être créatif. Donc pomper le flow d’un amerloque ou pomper un français qui s’est lui-même inspiré d’un ricain…ça va aller. Voir certains mc’s confirmés reprendre ce que d’autres font et s’approprier leurs concepts, je trouve ça vraiment pathétique. Si les mecs manquent d’inspi’ faut arrêter cette discipline et s’inscrire dans un club de philatélie. La lèche y est au gout du jour. (Punchline à méditer).  J’aime le rap quand il me surprend. Quand tu regardes un truc et que tu te dis: « Putain il y a pensé, ça défonce ». Quand je dis « rap » je ne parle pas que des textes, mais d’un ensemble. Les clips, les instrus, les pochettes, pour moi tout ça fait partie de l’univers de l’artiste, et c’est ce tout que je regarde. Aujourd’hui je trouve qu’il y a énormément de choses qui se ressemble, c’est dommage. Les mc’s kickent, les prods sont lourdes mais trop de similitudes. Après ya beaucoup de bonnes choses aussi ou du moins ya pas mal de trucs qui me parlent, je regarde beaucoup de clips, je découvre les rappeurs surtout par leurs vidéos. Dernièrement je suis tombé sur des gars originaire de Sarcelles: « Mikos locos », « Ace drony » ou « Kim-c » des gars à suivre de près je pense.

– B.B : Peux-tu nous parler de la structure « Makila Mizik » ?

– DJ.H : Makila Mizik a vu le jour en 2006, mais la structure a été montée officiellement en 2010. Elle était composée du rappeur Escobar Macson et de moi même jusqu’à il y quelques mois où Mike nous a rejoint, il s’occupe avec nous du développement du label. On a sorti tous nos projets sous notre Bannière. « Resurrection » 1er street Album d’Escobar Macson en 2006, « Vendetta » 2ème Projet d’Esco en 2008, son Best Of en 2010 « Bestial« , et pour finir mon projet « 1 Micro / 2 Platines » en 2011.

– B.B : Peux-tu nous parler de tes projets pour le futur ?

– DJ.H : Mes projets dans le futur à court terme sont le développement d’Urban Shoot. Trouver des spots (lieux de tournage) qui défoncent et continuer à faire des sessions percutantes avec des rappeurs confirmés dans un bon état d’esprit. Et sortir L’album d’Escobar Macson « Dernier Hold Up » qui est entré dans sa phase finale depuis quelques semaines.

– B.B : Une exclue pour Baskets Blanches ?

– DJH : L’album d’Escobar Macson va faire mal. (Pour de vrai)

– B.B : Le mot de la fin ?

– DJ.H : Remerciements sincères aux managers et artistes qui jouent le jeu…

Respect à tous les protagonistes du mouvement, ceux qui suivent notre avancée, et ceux qui partagent notre travail.

PS: À ceux qui disent que je fais des « Cypher » à la française, moi je dirais plutôt que je fais des freestyle de rap français, à l’Américaine, mais avec un esprit de partage à la Marocaine.

Retrouvez l’actualité d’Urban Shoot sur :

www.facebook.com/urbanshootprod

www.twitter.com/_UrbanShoot

 Toutes les sessions sur www.youtube.com/hamdinamite

Crédits photos : Sabrina Gallani

 

 

 

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Renaud M.

J’écris sur les autres, pas sur moi.

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