Goblin – Tyler The Creator

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Et bien…Il m’en a fallut du temps pour la pondre cette chronique. « Goblin » c’est le nom du deuxième album solo de Tyler The Creator. Pour ceux qui ne le connaissent pas Tyler The Creator, c’est un jeune rappeur/producteur californien, leader du groupe Odd Future aussi connu sous le nom de OFWGKTA (Odd Future Wolf Gang Kill Them All). Tyler The Creator et son groupe Odd Future excellent dans le rap alternatif et c’est pour cette raison que j’ai vraiment eu du mal à capter l’essence de sa musique.

Autant j’ai assez facilement (tout est relatif!!!) saisi le projet « Nostalgia, Ultra » de son acolyte Frank Ocean, autant là pour « Goblin » j’ai du me démener pour comprendre l’univers d’un des rappeurs les plus étranges que j’eusse écouté dans ma vie. En fait, je n’ai pas l’habitude d’écouter un mc parler de viol ou faire du blasphème aussi ouvertement même s’il prévient au préalable que tout ce qu’il dit est de la fiction comme sur le titre « Radicals » par exemple.

J’ai donc écouté 8 fois l’album, j’ai cherché les lyrics sur internet afin de vraiment comprendre de quoi il s’agissait. Certains crieront au génie, d’autres crieront leur dégoût provoqué par un tas de lyrics blasphématoire, des paroles obscènes contées par un adolescent puéril partageant avec ses auditeurs son envie de tout foutre en l’air, prônant souvent le « Je m’enfoutisme » et poussant la misogynie au point de réduire l’image des femmes à des poissons ou expliquant son désir d’en violer.

J’avoue avoir été un peu mal à l’aise face à certaines paroles. Au fond on ne sait pas vraiment si Tyler The Creator rappe ses fantasmes les plus glauques ou les plus pervers sans pour autant avoir le cran de les réaliser. On ne sait pas s’il en a vraiment rien à foutre et si certaines de ses atteintes à la religion sont sérieuses. Comme il le fait comprendre dans « Golden » le dernier morceau de l’album, Tyler se bat contre ses propres démons et finalement contre lui même s’apercevant que dans tous cet amas de folie, de rébellion et d’images sombres, il n’y a que lui qui peut s’aider donc se comprendre.

Comprendre ce qui se passe dans la tête de Tyler The Creator relève du défi et c’est à ce moment là que son côté génial fait surface. On cogite, on se questionne, on s’offusque puis on a de l’empathie pour « le personnage » quand il explique son ascension et comment le monde dans lequel il a grandi s’est transformé en même temps. Je suis un peu déconnecté de tout quand j’écoute cet album truffé de maux (viol, meurtre, déscolarisation, éducation monoparentale, revers de la médaille…). Dans « Goblin », Tyler The Creator mixe son état d’esprit, aux problèmes de la société, s’inspirant parfois de serial-killers ou de violeurs même s’il n’en est pas un.

« Goblin » est assez surprenant lorsque l’on a pas l’habitude d’écouter ce genre de musique. Le cd n’est pas à mettre entre toutes les mains car bien qu’il s’en lave insolemment les mains, certaines paroles de Tyler peuvent être mal interprétées. Au niveau des sonorités, je n’ai pas de point de comparaison même si je retrouve un peu d’influences west coast, un peu de down south, un peu de rock et à certains moments il y a des ambiances ska dans les instrus.

En écoutant les projets de Tyler The Creator ou des membres de son groupe on comprend la raison du tourbillon médiatique autour d’eux. Des instrus à l’attitude, l’originalité de ses emcees est vraiment inédite.

Quand on se plonge dans les textes, on a vite fait de se perdre entre provocation, poésie et humour noir. Difficile de mettre une note à ce projet, sachant que je suis partagé entre contre courant génial et gros tas de provocations blasphématoires, glauques et merdiques frôlant parfois l’inconscience (pour ne pas dire l’idiotie). Peut-être une manière de se faire remarquer sans pour autant devenir mainstream.

Note: 6/10

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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