[Dossier] Les tops 3 Hip Hop/R&B de la team Baskets Blanches.

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Comme chaque année, chaque membre de la rédaction rédige son bilan rap des 12 mois écoulés. 2015, n’a pas échappé à la coutume. 2015 a été très dense en terme de sorties rap français Lino, Youssoupha, Mac Tyer, Rohff, Booba, Kaaris, Oxmo, Gradur… de quoi faire couler beaucoup d’encre et nous permettre de balancer quelques chroniques. Le rap US nous a livré pas mal de beaux projets également (Kendrick Lamar, A$ap Rocky, Pusha-T, Vince Staples, Mick Jenkins…) ainsi que le R&B/Soul (The Internet, Jill Scott, Erykah Badu, The Weekend…), qui, même si nous en parlons moins sur Baskets Blanches, a offert à nos oreilles de jolis projets. Je vous laisse sans plus attendre découvrir le bilan de chacun des membres de la team C.mme d’habitude, ils sont totalement subjectifs mais reflètent une certaine réalité… Joyeuses fêtes à tous !!!

Le bilan 2015 de Franckie Small

HEXAGONE

Booba – Nero Nemesis

Pour cet effort de plus, il s’agissait de faire le taf et pas qu’un peu. Quand on défie la concurrence en sortant son album le même jour, mieux vaut ne pas venir fleur au fusil. Booba le savait et il a exécuté sa mission avec brio. Nero Nemesis, a été annoncé très tard mais les singles qui ont suivi ont rapidement mis le peuple d’accord. Sur ce projet l’utilisation de l’auto tune que je qualifierais de modérée, les instrus sombres, le contre pied avec « Validée« , les textes et les piques envoyés aux différents acteurs du rap français avec finesse et humour font de Nero Nemesis le meilleur album rap français de 2015. Il s’agit d’un pari, celui de sortir vainqueur des charts face à son opposant de toujours. Le contexte était très intéressant, Booba a atteint son objectif en se plaçant devant sa cible dans le top dès la première semaine mais la vraie force de Nero Nemesis est musicale. Ce ne sont pas des titres comme Walabok, 4G, 92i Veryon ou Atilla qui me contrediront. Certainement son meilleur album depuis « Lunatic ».

Niro – Si je me souviens

Après une trilogie qui avait pourtant tenu toutes ses promesses, Niro avait raccroché les gants pendant quelques mois. En 2015, le rappeur originaire de Blois annonçait son retour avec « Si je me souviens« , son 2ème album. Ceux et celles qui ont lu ma chronique au sujet de cette galette savent tout le bien que je pense de ce projet. Le rappeur est revenu avec des lyrics affutés et des prods à la hauteur de sa fougue. On ne peut plus considérer Niro comme un rookie mais sa soif de mic et l’énergie investit sur « Si je me souviens« , prouve que s’il est revenu dans le jeu, ce n’est pas pour faire des courbettes aux autres MC. « Si je me souviens » s’inscrit pour moi comme le meilleur album de Niro. La palette de flows a bien été exploitée, les productions et entre autres celles de Wealstarr ont permis au rappeur de livrer un album de très bonne facture. Les prises de risque sur #Keskitariv ou Y’a pas d’lézard ont permis à Niro de faire découvrir d’autres facettes de lui, même si le ton reste très street. « Si je me souviens », est l’un des albums les plus complets de cette année 2015, c’est la raison pour laquelle je le place seconde de mon top rap français.

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SCH – A7

Pour la troisième place du podium, j’ai longuement hésité entre A7 de SCH, R.I.P.R.O Vol.1 de Lacrim, parce que en plus d’avoir envoyé une excellente mixtape, le rappeur a pas mal rythmé l’actu rap français de 2015. Finalement, mon choix s’est arrêté sur la mixtape du MC d’Aubagne plus connu sous le nom de SCH. Bien que très égotrip, j’ai trouvé l’univers du rappeur plus léché, le travail des prods de Katrina Squad et Kore beaucoup plus abouti. Lyricalement et dans le maniement de l’outil auto tune, le rappeur apporte énormément de fraicheur. Le visuel a beaucoup joué dans mon choix et je pense que cela fait parti d’un package « son et image » indispensable aujourd’hui.

Mentions spéciales :

Mac Tyer – Je suis une légende. Selon moi, l’un des meilleurs projets du Général. Les bangers et les titres originaux sont au rendez-vous. Un So éclectique et complètement décomplexé. Lacrim – R.I.P.R.O Vol.1. Comme je le disais plus haut, Lacrim a fait l’actu rap français 2015 et ce projet m’a complètement mis d’accord avec le MC. Parfois, il y a le son mais il y a aussi l’atmosphère autour qui joue. N’interprétez pas à l’envers mais « Me against the world » de 2Pac aurait-il été aussi bon sans les évènements qui ont précédés son enregistrement ? Lino – Requiem. Sorti très tôt cette année, Requiem a quand même donné le ton de cette année 2015. La plume de Lino sur des titres comme « Suicide commercial », « Choc funèbre », « VLB », « 12ème lettre » ou encore « Fautes de français » confirme – si ce n’était pas clair pour tous – que le MC est l’un des meilleurs lyricistes du rap hexagonal. Nekfeu – FEU. Bien que controversé pour x ou y raison, Nekfeu a livré au rap français un album consistant dans lequel les prouesses techniques ne manquent pas. Feu mérite pour moi, une place de choix près du podium.

OVERSEAS

Kendrick Lamar – To pimp a butterfly

Si vous cherchez encore la définition du fond et de la forme, Kendrick Lamar vous l’a donné cette année avec son album « To pimp a butterfly« . Difficile à digérer de par son éclectisme, les ambiances et interludes déroutantes, la densité des textes et des flows. Cet album est très intense. K-Dot a fourni un travail gigantesque dans la musicalité tout en mettant un point d’honneur aux messages. Dans le contexte actuel aux USA, un rappeur de la trempe de Kendrick Lamar est indispensable. Parce que le message est au coeur du disque. Relever les frères, les pousser à l’émancipation, à se faire respecter sans armes, sans avoir le besoin d’être le plus gros caïd pour exister mais surtout exister sans les gangs. Entre le rap, la neo soul et la funk music, TPAB mixe différentes sonorités de la black music tout en restant cohérent. Les références et les clins d’oeil y sont nombreux. Il faut pas mal d’écoutes pour capter la subtilité de certaines phases. Parce qu’il s’agit d’une véritable œuvre, d’un classique du rap américain, TPAB est pour moi l’album rap US incontournable de cette année.

Travis $cott – Rodeo

S’associer à Young Thug et Justin Bieber sur un titre, n’arrive qu’aux Etats-Unis. En faire l’un des meilleurs tracks de son projet ne peut arriver que sur un album de Travis $cott. C’est une des raisons qui font de « Rodeo« , un album inévitable de 2015. L’univers est totalement dark, les flows sont froids et juste assez tranchants pour lacérer les prods. Travis $cott est une sorte de génie. Auteur compositeur interprète, le MC impose ses propres codes dans un rap tourné majoritairement vers une trap homogène, guidé par les mêmes flows, les mêmes BPM et les mêmes rendus visuels. Les featurings sont bien choisis (Juicy J, Schoolboy Q, Future, Kanye West, The Weeknd) et amenés dans des contrées cohérentes. La vraie force de cet album réside dans sa diversité sonore. J’ai été transporté dans de nouvelles sphères et le fait de me repasser le disque au moins une fois par semaine est un gage de qualité, menant « Rodeo » sur la deuxième marche de mon top US.

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Drake – IYRTITL

La patte de Boi-1da sur « Energy », 10 Bands », « Know Yourself », « 6PM in New York « , « No tellin », « 6 God », « You & the 6 ». Les flows fulgurants, les down tempos, les titres noirs et les éclats de lumière. L’intensité de la tape, qui m’a forcé à briser ma nuque pendant plusieurs semaines. Voilà, ce que j’attendais de IYRTITL quand le projet m’est tombé dessus et ça n’a pas manqué. Si le clash avec Meek Mill a pointé du doigt le fait que Drake pourrait faire appel à des ghostwriters, la puissance et la qualité du projet ne s’en voit pas altéré. En vrai, on s’enfout que ce soit un autre qui gratte pour Drake, le résultat est juste délicieux et on n’en redemande. Les gars continuez à écrire pour Dreezy, si c’est pour qu’on se prenne des tapes de la trempe d’un album, alors oui aux ghostwriters, oui aux interprètes comme Drake, oui à If You Reading This It’s Too Late.

Mentions spéciales :

A$ap Rocky – At Long Last Asap. Parce que j’ai pris ma claque grâce à des titres comme Canal St. Lord Pretty Flacko Jodye pt.2 ou encore Electric Body. Parce que c’est un des albums que j’attendais le plus cette année et que le MC ne m’a pas déçu. Joey Bada$$ –  B4.Da.$$. L’un des albums straight Outta NYC qui a le plus retenu mon attention cette année. L’un des fers de lance du crew Pro Era m’a tout simplement réglé, notamment grâce à son flow nourri d’un accent caribéen et de titres comme Big Dusty , Paper Trail$ ou encore Christ Conscious pour ne citer qu’eux. Action Bronson – Mr Wonderful. Patchwork musical, explosion de flows et de textes délirants. La rapsodie d’Action Bronson a apporté beaucoup de couleurs dans un rap parfois trop unicolore.

 

Le bilan 2015 de Renaud M.

HEXAGONE

PNL – « Que La Famille »/ « Le Monde Chico »

À moins d’avoir vécu sur une autre planète ces derniers temps, impossible d’être passé à côté de l’ouragan PNL. Érigée au rang de phénomène en l’espace de quelques mois et deux albums, la fratrie des Tarterêts s’est imposée comme l’une des figures essentielles de l’année 2015. Dans un rap-jeu contemporain où les cyborgs insensibles et sur-protéinés faisaient légion, Ademo et N.O.S ont ramené une vague de fraicheur, une recette magique, qui a conquis — et c’est peu de le dire — le public francophone : le blues des voyous qui chantonnent sous autotune  la débrouille non pas par choix mais par nécessité, l’illicite non pas pour rouler des épaules mais pour mette à l’abri la famille, et surtout l’amour de cette même famille, la seule qui compte. Appuyé par un choix de production raffiné et millimétré (avec le côté sulfureux qu’on leur connaît — à ces productions — histoire d’alimenter la légende), des mélodies imparables et une capacité d’interprétation exceptionnelle (cf. le premier couplet sur « Porte de Mesrine »). Porté par un fond très terre-à-terre, dans la plus pure tradition du rap français (la vie de rue, l’agent, la dualité, une certaine mélancolie), et sublimé par une forme déroutante, addictive, tellement actuelle. « Que La Famille » était totalement inattendu : un OVNI qui nous a frappés de plein fouet. « Le Monde Chico » a plus que transformé l’essai : il a hissé cette « recette » au niveau supérieur. La suite n’en sera que plus intéressante : désormais, l’effet de surprise n’est plus, et on a plus que hâte d’entendre ce que les frangins du ‘Zoo auront à nous proposer à l’avenir !

pnl

SCH – A7

En parlant de phénomène, en voici un autre pour qui le qualificatif ne serait pas usurpé ! Originaire d’Aubagne et déboulant en trombe sur le rap français courant 2014 — à coup de titres puissants et fort bien ficelés (Mardi Gras, Titus, La Malette, etc.), SCH a laissé entrevoir une patte unique, un grain de voix inimitable, des gimmicks déjantés et surtout une qualité d’écriture exceptionnelle. L’année 2015 n’a fait que confirmer les espoirs entrevus : nouant une véritable alchimie avec l’écurie Katrina Squad et mis en lumière par Lacrim, le « Numéro 19 » du « 13 miles 4 » a hissé son niveau de jeu tout au long de l’année (John Lennon, Massimo, Millions, etc.), jusqu’à la parution de sa très attendue première mixtape : « A7 » ; un projet brillant, dévoilé suite à sa signature sur le label Def Jam et son rapprochement avec le producteur Kore — que sa proximité avec Lacrim laissait présager. Aussi à l’aise sur des titres purement atmosphériques (Gomorra, Rêves de Gosse, Solides) que lorsqu’il s’agit de froisser des instrumentaux (A7, Liquide), ce « kickeur invétéré » en a sous la semelle, et c’est justement cette versatilité qui — à mon sens —lui permettra de survoler le rap français de longues années durant. Et si certains titres d’A7, non produits par Katrina Squad, étaient un ton en-dessous des ambiances macabres  auxquelles le « Mario Götze » du sud-est nous avait habitués, un morceau comme « Morpheus »— post-mixtape — est clairement venu dissiper tout doute, quant à son évolution future. Avec SCH dans ses rangs, l’avenir du rap français s’annonce radieux !

Booba – Nero Nemesis

Initialement destiné à une sortie « surprise » fin novembre, à quelques semaines de son concert à Bercy, mais finalement repoussé pour diverses raisons, Booba — animé par son éternel esprit de compétition — a décidé de se joindre à la grande « fête du 4 décembre » pour la parution de son 8ème album solo. Histoire de se confronter aux autres poids lourds du game, de jauger son aura actuelle face à des phénomènes (encore !) commerciaux (cf. Jul), mais surtout pour parasiter son meilleur ennemi, qu’il prend un malin plaisir à piquer au vif. Toujours est-il qu’avec Nero Nemesis, le D.U.C a frappé un grand coup. Bien que couronnées de succès dans les bacs, ses dernières sorties laissaient entrevoir un Booba en roue libre, jouant sur ses acquis, et peut-être plus concerné par sa domination en tant que businessman plutôt que rappeur. En l’espace de 13 pistes, Nero Nemesis balaye d’un revers de main ces critiques et vient remettre les pendules à l’heure. Sombre, condensé, cohérent et équilibré (lorsque l’autotune est utilisé, c’est à bon escient… « 92i Veyron » m’en est témoin), cet album confirme — s’il fallait encore le prouver — qu’il n’y a qu’un seul et unique boss dans ce rap français, illustre encore et toujours son incroyable capacité d’adaptation/d’anticipation des tendances, et est à mon sens son meilleur essai depuis « 0.9 ». Et sachez que j’ai énormément d’affection pour le « vilain petit canard » de la discographie de Kopp !

OVERSEAS

Kendrick Lamar – To Pimp a Butterfly

Octroyer le titre d’album de l’année au deuxième “major album” de Kendrick Lamar… quelle prise de risque, n’est-ce pas ?! Et pourtant, à l’heure du bilan, « To Pimp a Butterfly » s’impose comme une évidence. Huit mois en arrière, je qualifiais cet album « d’œuvre vouée à durer », avec le plus de pincettes possibles, afin de ne pas tomber dans le tourbillon de la « hype » et d’hurler précocement au classique. L’année écoulée n’a fait que confirmer les premiers ressentis : TPAB est certainement le disque qui a le plus tourné dans mon casque en 2015. Au-delà de la couleur intemporelle de cet opus, de sa conception minutieuse, de la technique et du goût imparables de son auteur, la mise en images de ses titres forts a largement contribué à son côté « grower » : « These Walls », « Allright », « King Kunta »… Nul doute qu’ils tourneront encore à l’avenir !

A$AP Rocky – At. Long. Last. A$AP.

Marquée par le tragique décès de leur frère d’armes et mentor Yams, l’année 2015 laissera un souvenir empreint de tristesse du  côté du A$AP Mobb et de de son chef de file Rocky, phénomène new-yorkais apparu sur les radars courant 2011. Après une première mixtape plébiscitée par critiques et public — ayant bénéficié d’une hype assez inédite —, et un premier « major album » convaincant bien qu’ayant fait des déçus, Rakim Mayers remettait le couvert fin mai 2015, dans un contexte très particulier au vu de la disparition de l’architecte de sa carrière. La transition vers un « sophomore album » n’est jamais simple à négocier, qui plus est lorsque le buzz vous a porté. Mais à mon sens, le Pretty Flacko a relativement bien géré la trajectoire : plus cohérent, intransigeant et singulier que son prédécesseur, At. Long. Last. A$AP m’a largement conquis : se plonger dans ALLA s’apparente à un long voyage en apesanteur, parsemé de secousses (LPFJ2, Electric Body, M’s) !

asap

Travi$ Scott – Rodeo

Rodeo de Travi$ Scott. Certainement l’un des projets les plus attendus de l’année —du moins pour ma part—, au vu de son excellent pré-album « Days before Rodeo », de toute l’effervescence entourant son auteur, et de son concert endiablé donné au Cabaret Sauvage en début d’été. Mais que je n’ai pourtant pas réussi à appréhender correctement dès sa sortie…  Difficile d’accès dans un premier temps, mais terriblement addictif sur la longueur : « Rodeo » possède une couleur bien définie, de véritables tubes (3500, Antidote), et des collaborations de haute volée (Quavo, Future & 2 Chainz, Swae Lee & Chief Keef, Young Thug & Justin Bieber). En somme, tous les éléments requis pour siéger sur le podium de cette fin d’année !

Mentions spéciales : Young ThugBarter 6 ; Atis (70CL)#5Panel (trilogie) ; Joey Bada$$B4.Da.$$ ; NekfeuFeu ; S.Pri NoirLe Monde ne suffit pas ; Vince StaplesSummertime ‘06 ; HamzaH24.

Le bilan 2015 d’Elsa.

Cette année musicale a été en grande partie rythmée par l’annonce de Boys don’t cry, le futur ex album de Franck Ocean. Annoncé par le chanteur en avril pour une sortie en juillet, l’opus n’a finalement pas vu le jour en 2015. Cette nouvelle ayant tenu en haleine la planète du R’n’B, on en a presque oublié la diversité et le nombre de projets sortis cette année. Entre les petits nouveaux, les confirmés ou encore le retour des anciens, il y a de quoi faire et il y en a pour tous les goûts.

The Internet – Ego Death

Deux ans après la sortie de Feel Good, The Internet est revenu enchanté cette année 2015 avec leur troisième album : Ego Death. The Internet est sans doute l’un des groupes qui représente le mieux le renouveau du R’n’B et de la soul, loin de la musique de dance floor. Menée par la chanteuse Syd The Kyd, The Internet compte sans doute une des voix les plus talentueuses de sa génération. Et les talents se reconnaissent entre eux, puisqu’on profite de Janelle Monae sur Gabby. Les prods, elles, passent du plus old school à des rythmes beaucoup plus alternatifs, dans la veine du dernier album de D’Angelo. Preuve de leur notoriété croissante, l’album est nominé aux côtés de The Weeknd dans la catégorie Best Urban Contemporary Album au Grammy Awards 2016.

Syd tha Kyd and Matt Martians are The Internet

Syd tha Kyd and Matt Martians are The Internet

Bryson Tiller – T R A P S O U L

Bryson Tiller a fait forte impression avec son premier opus : T R A P S O U L. Le chanteur/rappeur de 22 ans est clairement une des révélations de cette année 2015. Plutôt dans la veine d’un Drake que d’un Chris Brown, Bryson Tiller a su allier sa musique très soul, sa voix de crooner avec un flow de rapper que beaucoup peuvent lui envier. Divers dans ses influences, T R A P S O U L annonce l’entrée dans l’arène musicale de ce jeune prodige. Le très courtisé Bryson Tiller n’en est qu’à ses débuts. Il ne fait pas de doute que c’est un des artistes à suivre dans les prochains mois.

The Weekend – Beauty Behind The Madness

The Weeknd est revenu sur le devant de la scène cet été. Après Kissland (2013), Beauty Behind the Madness a débarqué dans les bacs le 28 août 2015. Earned it, sorti sur la BO de Fifty Shades of Grey, l’a consacré auprès du grand public et lui a permis une présence en continue sur les ondes et dans nos oreilles dès janvier. Beauty Behind the Madness est plus accessible que les opus précédents : un album qui revendique son côté R’n’B alternatif tout en misant sur les hits et featuring nécessaires à une vente importante d’albums (415 000 en première semaine). Often et The Hills, singles matraqués depuis cet été, prouvent que The Weeknd aborde une autre étape de sa carrière. Et c’est sans surprise qu’on retrouve en featuring Ed Sheeran et Lana Del Rey (sur le très bon Prisoner), tous deux gros vendeurs de la pop actuelle. Un album efficace et qui reste dans le crâne même si The Weeknd y a sacrifié un peu de son originalité. Un style résolument inspiré du roi de la pop.

Mentions spéciales: Miguel – Wildheart, Jill Scott – Golden Moments, Erykah Badu – Cant Use My Phone

Le bilan 2015 de Toni S.

HEXAGONE

Booba – Nero Nemesis

Après l’inégal « D.U.C » sorti en début d’année, je n’attendais pas réellement de coup de génie de la part de Booba cette année. Erreur de ma part. « Nero Nemesis » sorti il y a à peine 20 jours est bien le meilleur album rap français de cette année 2015. D’abord parce qu’il voit Booba revenir avec une hargne et une énergie rare. Mais également parce que ce 13 titres est ce qu’il a fait de plus cohérent depuis 2006 et la sortie de « Ouest Side » (et oui, on prend des risques). N’en déplaise aux puristes, « 92i Veyron », la balade autotunée teintée de basses mattes et puissantes, est bien le meilleur morceau de l’album. Bombe nucléaire sur le game, il ne reste que lui…

Kaaris – Le bruit de mon âme

Avec « Le bruit de mon âme », Kaaris a bel et bien réussi le tour de force de faire mieux que son premier opus « Or Noir ». Exit le condensé de noirceur et de crasse, la mutation du double rotor s’est faite en même temps que celle de Therapy. Artistiquement au dessus de son prédécesseur, LBDMA est une palette sonore comportant toutes les couleurs que le peintre Sevranais a à nous offrir. Des titres puissants, des flows ambitieux et toujours son lot extrêmement fourni de lignes coup-de-poing. Un album qui plus est garni d’un featuring Américain qui pourrait bien être l’un des plus réussi du genre depuis de nombreuses années. Cerise sur le gâteau, Kaaris compose sa propre marseillaise du ghetto avec le titre « 80 ZETREI ». Pour un Séquano-Dyonisien comme moi, il n’en fallait pas plus pour finir de me convertir au culte de Okou Gnakouri.

kaaris

Nekfeu – Feu

Exercice difficile que de concrétiser tant d’attentes autour d’un premier album. C’est pourtant ce que Nekfeu a réussi à faire en dévoilant « Feu » en Juin 2015. S’émancipant peu à peu de son image de battle emcee et de freestyleur, il réalise un album très personnel, comme pour montrer toute les facettes de son rap. Au fil de l’album, on jongle régulièrement entre l’introspection et la légèreté mais toujours avec cette intention de faire correspondre le fond et la forme. L’album est familial et qualitatif, les featurings comme les productions sont choisis avec justesse et permettent de créer des ambiances uniques. Versatile est sûrement le terme qui correspondrait le mieux s’il s’agissait de qualifier Nekfeu dans le cadre de ce premier opus. Alliant chant, fast-flows, placements et fond, il nous propose un album à la hauteur de nos espérances et de sa réputation, n’en déplaise à Yann Moix.

Mentions spéciales : Médine – Démineur : Si poseur de bombe il y a, la bombe est alors auditive. Du très grand Médine sur un fond sonore détonant avec des lyrics explosives. Pacifisme 2.0. Makala – Varaignée : Réédition condensée des deux parties sorties plus tôt. Makala confirme tout le bien que l’on pensait de lui depuis « La Clef », à suivre de très près. Sadek – Johnny niuum ne meurt jamais : La confirmation d’un retour à la rue prononcé après un album en demi-teinte. Énervé comme jamais, pari gagnant pour le natif du Quai 54. Hamza – H-24 : La révélation belge de l’année à n’en pas douter. Atlanta dans le viseur, son projet n’a pas finit de rythmer les soirées rap francophones.

Mais encore : Les Tontons Flingueurs avec « LDA9Q », Sch avec « A7 », PNL avec « Le Monde Chico », Infinit avec « Plusss » et Espiiem avec « Noblesse Oblige ».

 

OVERSEAS

A$AP Rocky – AT.LONG.LAST.A$AP

A$AP Rocky représente l’éveil d’une génération. Une génération de rappeur qui tend à dépasser les carcans du rap à proprement parlé. Il livre avec « AT.LONG.LAST.A$AP » un 18 titres très ouvert musicalement. Il fait preuve de spontanéité et de flair lorsqu’il invite le jeune Joe Fox sur pas moins de 5 titres différents sur son album. Il sublime « Dirt » de Bones en proposant un remix diablement efficace (« Canal St. »). Il invite Rod Stewart, Miguel et Mark Ronson sur un seul et même titre (« Everyday ») et signe un morceau hybride au succès international. Avec ce deuxième album, Rakim Mayers confirme son talent artistique global et s’impose comme un personnage important de la musique en 2015. R.I.P A$AP Yams.

Travi$ Scott – Rodeo

En 2015, il est quasi-impossible de ne jamais être tombé sur un titre de Travi$ Scott. L’omniprésence du titre « Antidote » dans tous tes clubs préférés lui a permis d’acquérir une exposition internationale à 360 degrés. Mais le tant attendu « Rodéo » réserve bien plus que le banger curatif susnommé. En effet, le titre est globalement très évocateur des sensations transmises par ce disque. Celui que l’on surnomme La Flame switch d’une mélodie douce à une ambiance de fournaise dans le plus grand des calmes olympiens. Et à chaque fois, la recette fait mouche. Dans ce premier opus, le jeune rappeur/producteur met en avant des instrumentales très travaillées et un réel souci de maîtrise des mélodies. Il fait également preuve d’ouverture artistique, caractéristique de sa génération, en invitant sur le même CD Toro y Moi, Justin Bieber ou encore Chief Keef. Autant d’univers différents qui font de « Rodéo » un album pluriel et très réussi.

Tory Lanez – Cruel Intentions

Tory Lanez, l’étoile montante de Toronto, a signé avec « Cruel Intentions » une très belle suite à sa mixtape « Lost Cause » sortie en 2014. Concis, ce 5 titres est logiquement très cohérent mais surtout extrêmement bien produit. En s’entourant du collectif Wedidit dont font notamment partie Schlomo, RL Grime ou encore Baauer, le jeune natif du 6 s’assure un fond sonore de qualité. En dehors de ça, il jongle entre chant et rap avec une facilité et une aisance déconcertante, rappelant un autre talent bien connu de sa ville. L’énergie dont il fait preuve sur scène ne fait que confirmer tout le potentiel dévastateur qu’on lui promet. Un tremplin parfait pour son premier album prévu pour l’année prochaine.

tory lanez

Mentions spéciales : Kendrick Lamar – To Pimp A Butterfly : Impossible de faire l’impasse sur cette pièce du rap américain sortie cette année. Peut-être encore plus important pour ce qu’elle représente que pour sa musique en soi. Cousin Stizz – Suffolk County : La révélation de Boston en 2015. Boosté par un aveugle, Cousin Stizz a marqué les esprits dès sa première mixtape. Il faudra très probablement compter sur lui l’année prochaine. Future – 56 Nights : Oui le Future de 2015 est sombre, déprimé, drogué et terriblement efficace micro en main. Sa mixtape sortie en mars en est le parfait exemple. Jimmy Jonhson – Block Boy : Toronto, again. Prime passe de la ferrari rouge au quad rouge. La transformation est entièrement réussie. Jazz Cartier – Marauding In Paradise : The 6 fût décidément une des villes les plus attractives en 2015. Jazz Cartier en est une de ses nombreuses révélations et son album un des plus aboutit de cette année.

Mais encore : Danny Seth avec « Perception », Bryson Tiller avec « TRAPSOUL », Dave East avec « Hate Me Now », Devontée avec « District Vibe », Ty Dolla $ign avec « Free TC » et Young Thug avec « Barter 6 ».

Le bilan 2015 de Captain Rob.

Kendrick Lamar – To Pimp a Butterfly

Un peplum, un testament de la musique afro, tiraillé entre les rafales de funk de Clinton, les revendications citoyennes, les complaintes psychédeliques, les invités de luxe et des beatmakers emmenant l’album au royaume des chefs d’oeuvre. Une pièce maîtresse dirigée par la personnalité complexe et géniale d’un Kendrick au sommet.

Kid Cudi – Speedin Bullet 2 heaven

Il a encore bafoué les regles du jeu en redefinissant sa matrice musicale. Sa derniere epopée punk grunge est un testament morbide dynamité de riffs et de messages lunaires. L’homme est dérangé, sa musique est grandiose.

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The Internet – Ego Death

Une voix delicate et versatile, qui s’epanche sur des harmonies sensuelles. La pote de Odd Future propose un album chaleureux et reposant et place son crew comme le combo efficace pour les rides en bord de plage et pour draguer allegrement

Mentions spéciales: GO:OD AM de Mac Miller, 90059 de Jay Rock, By Dom Kennedy de Dom Kennedy, Bush de Snoop Dogg, Bad Neighbor de Blu, MED & Madlib

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

1 comment

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  1. askfor 8 mars, 2016 at 15:38 Répondre

    dommage de n’avoir dit aucun mot sur l’album rohff game..
    Je ne suis pas dans ces bayes de clash mais c’est quand même un album de retour au source..un peu à contre courant de ce que tout le peuple fait…

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