[Dossier] Bucksland #3 – L’hymne aux Players

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La famille Bucksland est nombreuse et surtout hétéroclite quand il s’agit de goûts musicaux. Pourtant, je sais qu’entre nous, certains sons font l’unanimité et aujourd’hui je vais vous parler d’un de ceux-là.

Ce son, je l’écoute tous les jours. Il me donne la pêche pour commencer la journée et me permet de m’évader. Toutes les personnes qui me connaissent savent ce que représente cette chanson pour moi : la perfection.

Je vais donc forcément vous parler d’International Players Anthem.

Sur le papier, cette chanson ne pouvait être qu’une réussite vue que c’est la réunion de ce qui se fait de mieux selon moi dans le sud des Etats-Unis : Outkast, UGK & Three Six Mafia.

On oublie souvent ces derniers dans l’équation mais ils ont joué un rôle majeur dans l’existence de ce morceau, et pas uniquement parce qu’ils ont produit cette magnifique instru, dont le rythme change à chaque couplet et dont le sample de Willie Hutch reste en tête toute la journée.

En fait à la base, le concept de la chanson et son sample avaient été créés et donnés au rappeur Project Pat, frère de Juicy J de la Three Six. Mais, Sony qui était la boite de prod de Pat n’avait pas fait trop de promo sur l’album car il venait juste d’être incarcéré (une sombre histoire de possession d’armes à feu).

A l’époque de la sortie de l’album de Pat, Pimp C était aussi en prison pour des affaires qui le regarde (une sombre histoire de violation de probation) et quand il a entendu le son il a tout de suite accroché. Il faut savoir que Pimp C plaçait Project Pat dans son top 3 des rappeurs à l’époque et il trouvait que l’instru était sous utilisée par Sony alors qu’elle avait un vrai potentiel pour devenir un tube.

Dès sa sortie de prison, Il a tout de suite appelé DJ Paul pour lui dire qu’il voulait reprendre le son, bien que celui-ci ait déjà été utilisé et soit sorti en CD.

DJ Paul était chaud, surtout pour retravailler avec UGK. Du coup, après un léger retravaille sur la mélodie, les gars vont en studio. Sauf que la première version n’inclut pas Outkast mais bien la Three Six Mafia. En effet, le morceau soi-disant Remix avec DJ Paul et Juicy J est en fait l’original. Mais Sony, maison de disques de la Three Six ne voulait pas que le groupe apparaisse sur le son. A l’époque, le groupe venait de gagner un oscar pour la BO de Hustle & Flow et Sony voulait capitaliser là-dessus pour les faire exploser.

Entre temps, l’original a été entendu séparément par Andre 3000 et Big Boi qui ont tous les deux voulu le « remixer ». Un concours de circonstances selon Bun B, une prophétie selon moi.

André demande à rapper juste avec la boucle de sample, pour raconter ses histoires de mariage, Big Boi demande des grosses basses pour que ça tourne en Club et au final le son est une rapide montée en puissance où chacun peut jouer sur ses qualités.

J’ai eu plusieurs débats avec mes potes et notamment mes gars Chriss et Xou sur qui avait le meilleur couplet. On dit souvent que le meilleur couplet est celui qui conclut la chanson et ici c’est celui de Big Boi. Je suis un gros fan d’Outkast donc forcément, quand j’entends Big Boi et son flow saccadé, son utilisation du Chop and Screwed, ça ne peut pas me laisser de marbre. Mais pour moi c’est le premier couplet qui est le meilleur. Enfin, le premier couplet de l’original, pas celui d’Andre, qui est parfait pour lancer la chanson avec son slam digne d’une fusion entre Grand Corps Malade et R Kelly.

Cependant, c’est son choix de rapper sans ligne de basse ou caisses claires qui met en avant le couplet du chef. Quand Pimp C arrive sur le son, que t’entends le « Sweet Jones » et la basse, tu sais que le morceau va prendre une autre dimension.

Le passage d’Andre 3000 à Pimp C c’est un peu le passage du calme à la tempête, de l’amour transit à la dureté du player.

Pimp C n’est pas un adepte des longs couplets, il préfère faire court mais efficace et faire parler son charisme, ce qu’il fait à merveille sur son couplet.

J’adore la chanson en entière et même le couplet de Bun B, dont je suis moins fan, est lourd, sublimé par un changement de rythme au niveau des caisses claires. Mais si cette chanson a une saveur spéciale, qu’elle me rend heureux tous les matins, c’est grâce à Pimp C.

La chanson est une belle histoire, et le clip l’est tout autant. 

Ce dernier était réalisé le même jour qu’une remise de récompense type awards, et il ne devait y avoir que les principaux protagonistes :Outkast, UGK et la Three Six Mafia (avec Project Pat, forcément).

Mais quand certains artistes qui devaient être à la remise ont entendu qu’il y avait tournage de ce clip, ils se sont bougés pour faire le déplacement et être présents. Au final, on retrouve un melting-pot de ce qu’est la crème de la crème du sud à l’époque : T-Pain, David Banner, Chamillionaire, Big Gipp mais aussi Katt Williams ou Mr Bentley.

Apparemment c’était l’un des meilleurs moments de la vie artistique de Pimp C. C’est aussi sa dernière apparition dans un clip, 6 mois avant sa mort.

Cette chanson et ce clip auront permis à UGK de connaître son plus grand succès à l’échelle nationale et de connaître plusieurs nominations à différents Awards.

Surtout, c’est une vitrine qui permet de montrer tout l’étendu du talent présent dans le sud à l’époque. Sur les 3 groupes qui ont conçu le morceau, l’un est multiple vainqueur aux Grammy (Outkast), un autre peut se vanter d’avoir gagné un Oscar (Three Six Mafia) et le dernier a influencé des générations de rappeurs (UGK).

Malheureusement aujourd’hui les trois groupes n’existent plus, Pimp C est décédé, Bun B a quasiment arrêté le rap, Andre et Big Boi ne se parlent pratiquement plus et Juicy J a décidé de lâcher DJ Paul. Mais quoiqu’il arrive, cette chanson restera encore longtemps dans les têtes. En tout cas, dans la mienne.

Kets – The rythm is life and life is rythm !!!

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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