[Chronique] Monster Tape de Rim’K, un avertissement avant l’album !

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Depuis que L’obs-Rue 89 a parlé des chroniques de Baskets Blanches dans un article dédié à la critique musicale sur le web, je n’avais plus envoyé de chronique sur le site. En fait, je me rends compte que c’est tout bonnement ma première chronique de 2016. Je vous souhaite donc une bonne année et la santé surtout. J’ai choisi arbitrairement de démarrer avec un projet rap français et plus précisément avec la dernière mixtape de celui qu’on appelle « Tonton ». Je veux bien entendu parler de la Monster Tape de Rim’K. A bientôt 38 ans, l’auteur de l’incontournable Tonton du bled, n’a pas fini de noircir le papier et de traumatiser les ingé-son.

3 ans après son dernier album intitulé Chef de famille, Rim’K est donc de retour avec un projet enregistré à Atlanta (y’en a combien qui vont à ATL pour bosser une tape?). 3 ans c’est long, pour les fans qui attendaient un nouvel opus mais surtout parce que en ce laps de temps, le rap français a pas mal évolué. La trap a pris le quasi contrôle du game, apportant avec elle un nombre considérable de nouveaux artistes dont bon nombre sont devenus des têtes d’affiche: Gradur, Kaaris, Lacrim…

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En 3 ans, il y a eu également la naissance d’un nouveau phénomène appelé Jul. Qu’on le veuille ou non, le marseillais a quand même popularisé un rap entre funk music, électro, sonorités afro-caribéenne et latines – dit rap de chicha – qui a donné pas mal d’idées à d’autres MC’s… Tout ça pour vous expliquer que la Monster Tape, arrive à un moment clé, au cours duquel le rap français est entrain de prendre une nouvelle tournure et qu’il faut jouer des coudes pour tirer son épingle du jeu, même avec 20 ans de carrière dans les pattes.

Pour le vitriot, le challenge était donc de revenir avec une galette au niveau, voire au dessus de ce que nous livre le rap en France actuellement. Qu’on se le dise, l’objectif – s’il y en avait un – est atteint haut la main. RimKoff (tu peux l’appeler comme ça aussi…) a su adapter son flow, sa technique et sa verve, au service d’un rap actuel maitrisé. Dans la Monster Tape, Rim’K fait clairement comprendre qu’il est toujours en place même après 3 ans d’absence, qu’il s’accorde aisément aux évolutions du rap hexagonale, pouvant rapper sur de la trap (Monster), sur un son aux sonorités teintés de soleil (Vida loca feat. Lartiste) ou pousser la voix, au moins le temps d’un morceau (Maman) et grâce à l’auto-tune (on va pas se mentir). Cette tape, c’est une sorte de rappel avant l’album.

 

Esthétiquement, la Monster Tape est un projet soigné, au niveau de la cover en noir et blanc réalisée par Fifou mais aussi au niveau des différents clips dévoilés: Seul, Stupéfiant, Monster, Fou ou encore Everyday feat. Rich Homie Quan. La qualité est esthétique mais bien évidemment sonore. Je fais notamment référence au choix des productions. Elles sont pertinentes, complètement en phase avec la voix et l’univers de Rim’K. J’en parlais un peu, quelques lignes plus haut, mais je le souligne, le rappeur a montré une fois de plus – s’il en fallait – que son flow est tout terrain et « s’adapte aux putains d’époques » qu’il traverse. Qu’il faille poser sur des prods Trap: Alien, La chansonnette, Seul, Big fumée, sur des titres plus électro (Maman) ou sur une grosse ambiance orientale comme sur Mi Amor feat. Amine (comme il le faisait déjà il y a plus de 15 ans sur Tonton du bled) Rim’K est convaincant et efficace. Monster Tape est donc très marqué Trap mais laisse place à quelques bouffées d’air.

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Grâce aux différentes thématiques abordées, la Monster Tape permet de jauger l’évolution du MC. On constatera donc qu’après Demain j’arrête (extrait de l’album Universel du 113) et Demain j’arrête…pas, Rim’k est toujours aussi accro à la fumée (Big fumée). Le MC conte la rue avec la même énergie que dans les précédents projets mais avec d’autres façons de la décrire, il parle de Paris by night avec Nekfeu pour l’épauler, il rend aussi hommage à sa mère dans un très beau titre, sur lequel il lui fait part de ses nombreux regrets. Que ce soit au détour d’une mesure ou à travers un titre entier – Tristesse, Seul – le rappeur met en avant son état d’esprit et se livre. Une fois de plus, nous sommes face à une mixtape aux allures d’album. Que ce soit dans les featurings: Rich Homie Quan, Lartiste, Alonzo, Lacrim, Amine, Nekfeu, AP (je sais pas si je le compte comme feat? si? ok!), dans le niveau de production et toute l’énergie déployée autour.

Monster Tape met la barre haute et ouvre l’année avec des titres forts. Je pense à La chansonnette, Big fumée, Maman, Monster ou Solo, pour ne citer qu’eux. L’essentiel a été dit dans les paragraphes qui précédent. Energie, flow et qualité sont réunis sur cette mixtape travaillée comme un album. Après une grosse carrière, forte de 3 albums solo et d’une dizaine en groupe ou en collectif – sans compter les compilations: Illégal Radio, Maghreb United – l’ancien de Camille Groult, vient de démontrer qu’il va falloir continuer à compter avec lui dans les temps à venir. Je ne sais pas pour vous mais j’attends l’album avec impatience.

Note:

[yasr_overall_rating]

RimK

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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