[Chronique] Jazzy Bazz: Plongée dans les eaux troubles de P-Town.

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jazzy

Oui je sais, c’est toujours pareil, j’envoie quelques chroniques et je disparais. Cette fois-ci, je suis de retour et pour de bon (du moins je vais essayer). Pour ma première chronique (depuis la dernière), je vais vous parler d’un album que j’ai pas mal écouté ces derniers temps. Il s’agit de P-Town de Jazzy Bazz.

Les présentations sont-elles nécessaires? Je ne pense pas. Si vous êtes devant votre écran à lire ceci, c’est que vous savez où vous mettez les pieds. Pour ceux qui ne connaissent pas du tout, je vous fais quand même un très bref topo; Jazzy Bazz est un rappeur parisien, membre du groupe Cool Connexion et du crew L’Entourage. Il a également remporté l’édition 5 des Rap Contenders dans une battle qui l’opposait à Gaïden (champion des RC 4). Je vous laisse aller faire votre petite tambouille sur le web pour découvrir plus en détail le parcours du MC.

jazzy le roseau

Le dernier projet intitulé Sur la route du 3.14 (3.14 fait référence au signe π et donc à la ville P-Town/Paris), sorti en 2012 a reçu un succès d’estime auprès du public. Aujourd’hui, « l’ultra parisien » revient avec P-Town, un 15 titres aux sonorités old school. On le sait, lorsqu’on écoute Jazzy Bazz, l’ambiance des instrumentaux nous replonge quelques années en arrière. Le son est vintage et truffé de mélodies soulful et jazz.

Le rappeur nous emmène complètement à contre courant de ce qui fait le « beau temps » actuellement dans le rap français (trap, afro trap, vocodeur etc). Si la plupart des titres sont très marqués par le son rap français des années 90 (Ultra Parisien, Le syndrome…) certains nous envoient ailleurs. Le rap californien avec 3.14 Boogie – une ride sonore dans laquelle le MC et son acolyte Esso nous comptent une nuit rythmée de « recalages » de meufs et de verres bien corsés. Dans P-Town (titre éponyme) ou sur Adrénaline, un titre introspectif, on part dans un univers différent, plus planant. Le titre le plus actuel est certainement Lay back sur lequel Jazzy Bazz invite le rappeur américain Freddie Gibbs. Le titre est bon, les deux mc’s ont fait le taf.

P-Town est un album cohérent, par ses ambiances mais également par les thèmes abordés. Jazzy Bazz rappe sa vie et sa ville. Dans son album, le rappeur parle du PSG pendant 4 minutes 30 avec passion et maîtrise du sujet sur Ultra Parisien (grand respect pour la connaissance de l’histoire du club) ou d’une femme de petite vertue sur Trompes de fallope. Il y a bien sur d’autres thèmes abordés comme le rap/la performance en mode egotrip (Le roseau, 3.14 Attitude), les victimes des attentats parisiens (Fluctuat Nec Mergitur), la nuit (3h33) ou encore des aspirations sur Visions en feat. avec la chanteuse Bonnie Banane (à découvrir ici) qui nous transporte à chaque refrain.

jazzy ultra parisien

Côté flow, Jazzy Bazz vogue entre rapidité (P-Town), couplets presque parlés (Les chemins), et refrains chantés (Trompes de fallope, 3h33). Au-delà du cheveu sur la langue qui ne me dérange pas et qui au contraire apporte une distinction au MC, j’ai du mal avec certains passages. Le flow et la technique ne sont pas réguliers sur chaque tracks ou d’un couplet à l’autre. Je sens parfois quelques approximations dans certains placements. S’il y a un point négatif ou un axe d’amélioration pour le MC c’est surement à ce niveau. Le fond prend souvent le dessus sur la forme, ce n’est pas tout le temps équilibré. Au niveau de l’écriture, c’est beaucoup plus fluide même si parfois certaines phases semblent moins élaborées que d’autres.

P-Town est un album qui s’écoute facilement. Jazzy Bazz y dépeint Paris avec beaucoup de philosophie et souvent de manière assez maussade. Les thématiques sont variées et traitées de façon originale. Il y a de la recherche et de la prise de tête dans la manière d’aborder les thèmes, que ce soit dans le récit ou dans les tons empruntés. Même si les textes et les flows sont parfois en dessous de ce que j’attendais de ce projet, il y a pas mal d’aspects intéressants. P-Town est un premier long format que Jazzy Bazz a livré avec sincérité. Les fans de la première heure en auront surement pour leur compte. Me concernant, malgré le manque de régularité j’ai apprécié le projet à sa juste valeur.

[yasr_overall_rating]

Jazzy Bazz P-Town

 

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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