[Chronique] Isha – L’augmentation est vitale

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S’il en reste qui n’ont pas été convaincus par la nouvelle génération de rappeurs belges, peut-être se laisseront-ils séduire par Isha, trentenaire bruxellois. Psmaker, l’ancien pseudo du rappeur nous rappelle que ce dernier n’en est en fait pas à ses débuts. Après avoir sorti un premier album intitulé « Vas-y Chante » en 2008, il revient réellement sur le devant de la scène en 2017 avec son projet « La vie augmente Vol. 1 » qu’il signe de son vrai prénom, Isha.

« Y’a bien longtemps qu’ils ont validé Isha », en tout cas, avec ce nouveau projet c’est désormais chose faite. Le rappeur nous invite donc, par l’intermédiaire de 10 titres, à la découverte de son univers.

Pendant quelques mois, le Belge prépare cette sortie en partageant les clips de « Oh putain (avec l’accent du sud) », « 3h37 », puis « Tony Hawk ». Dans des styles très différents, on retrouve toujours la patte du bruxellois. Avec une voix et une manière de poser qui paraissent naturellement nonchalantes, il nous raconte son quotidien en décrivant une suite de scènes. Mention spéciale pour « 3h37 » qui montre, après « Passage à niveaux #1 » (hors projet), que le passage de Psmaker à Isha représente une véritable évolution artistique et non une simple lubie. « Oh putain (avec l’accent du sud) », premier extrait du projet allie d’un côté, une ambiance obscure et des paroles crues, et de l’autre, un refrain original et des anecdotes imagées qui font sourire. Ce titre nous montre aussitôt la dualité de l’artiste et annonce le niveau de ce qui va suivre.

« La vie augmente ». C’est le nom du projet mais également du premier titre. Sur une production calme et mélancolique, le rappeur retrace sa jeunesse. A 9 ans, à 16 ans, à 18 ans, on suit son parcours récité de manière très imagée, comme un film qui défile. Et si des thèmes sombres sont abordées au fil du texte, Isha veut croire en la possibilité de meilleurs lendemains et répète « l’augmentation est vitale » en guise de refrain. Comme une prière, l’augmentation de la vie est en réalité un message positif qu’il essaie de transmettre, « c’est pour les mecs d’en bas qui en ont marre d’être en bas et qui décident d’augmenter le truc ». Tout est possible, il suffit de se donner les moyens de monter.

Sa famille, ses relations avec les femmes, ses difficultés et ses moments de galère, Isha se livre sur ces nombreux sujets qui s’entremêlent dans la plupart de ses titres. La musique, encore un thème cher à l’artiste qui rappelle à plusieurs reprises son rêve et son envie de réussir dans ce domaine. Pour ce qui est des instrus, on alterne entre des beats lourds et pesants sur « Oh putain (avec l’accent du sud) » ou « SOAB » et des prods plus légères et apaisantes pour « Colette » ou « 3h37 », sur lesquelles le bruxellois va même jusqu’à chantonner.

Une seule collaboration sur le projet, c’est son compatriote et ami JeanJass qui lâche quelques phases bien senties sur « Le salon de l’auto ». Si la prestation d’Isha se suffit amplement à elle-même sur les neuf autres pistes, le morceau « Coloris » (hors projet) enregistré avec Caballero et Hamza nous laisse espérer davantage de featurings pour le futur.

Finalement, « Frigo américain » sonne comme une parfaite conclusion dans laquelle le Belge se livre dans une première partie à une longue description d’un frigo américain. Plus qu’un simple objet du quotidien qu’il avait découvert chez son ami Martin, c’est l’image du partage et d’une certaine réussite qu’on lui souhaite. « Mama we made it ! », la vie augmente.

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Ismaël

Des rêves en tête, on fait pas semblant de vivre.

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