[Chronique] Alonzo exécute son « Règlement de comptes », dans les règles de l’art.

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Le virus Alonzo.

L’un des albums les plus attendus de ce début d’année 2015 est enfin disponible. Non, il ne s’agit pas du nouvel album de Kendrick Lamar et encore moins de celui de Dr Dre. Je vous parle de rap français et plus précisément de « Règlement de comptes« , le 3ème album solo d’Alonzo.

Après avoir tourné tout l’été avec le street banger « La belle vie » – plébiscité dans toutes les cités de France et de Navarre, qu’on me pende haut et court, si je mens – puis confirmé son retour en mode « nique tout » avec « Y’a rien à faire« , la tête brulée des Psy 4 de la rime avait gros à jouer sur ce 3ème opus. Autrement dit, « Règlement de comptes« , c’est la transformation de deux succès d’estime (Les Temps Modernes sorti en 2010 et Amour, Gloire et Cité sorti en 2012) en un best-seller.

Depuis plusieurs mois maintenant, impossible de passer une journée sans entendre l’un des singles d’Alonzo quelque part. Que ce soit à la radio, dans son fil d’actualité Facebook ou dans le casque de son voisin de métro, il était difficile d’échapper au virus. Fort du succès des deux premiers singles, le rappeur marseillais en a rajouté une couche en dévoilant ses featurings avec Booba (Même tarif) et Maître Gims (Dans son sac). Même si la mayonnaise a moins bien pris sur ces derniers, l’attente n’en était pas moindre.

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Un règlement de compte, dans les règles de l’art.

« Règlement de comptes« , c’est la fusion entre le beatmaker Spike Miller qui intervient en mode directeur artistique et un Kassim Djae – de son vrai nom –  plus que déterminé à reprendre ce qui lui revient de droit. Une chose est sûre, c’est que l’alchimie entre les deux artistes fonctionne à merveille. Les ambiances Trap qui jonchent l’album sont juste ce qu’il manquait au marseillais pour déployer à 200% son côté thug et surtout fournir à son public ce qu’il attend depuis des années : un Alonzo sans foi ni loi du début à la fin d’un projet.

Banger après banger, le type envoie des salves de lyrics embrasées, avec une arrogance qui fait la force de son album. Les rafales que l’on entend à la fin du morceau introductif « Foumbouni« , en témoignent, dans cet album le MC tire dans tous les sens. Aucune demi-mesure, il s’agit de kicker et de le faire avec énergie et puissance. Le rythme des productions est soutenu et rare sont les titres sur lesquels les BPM ralentissent (Il le fallait et En bombe, à la rigueur).

Thèmes abordés? La rue, les boîtes de nuits, la fastlife, l’argent, les meufs, ses origines et son statut de noir, Marseille, entre autres. Difficile de parler d’amour ou de faire la morale sur des compositions trap. Même si ce n’est pas impossible, pour Alonzo, le dessein est de se lâcher sans filtre. « Règlement de comptes« , c’est donc beaucoup d’égotrip mais l’album contient aussi quelques tracks sur lesquels notre MC se livre. L’un des morceaux forts du projet et qui le résume efficacement, c’est « Tu vas parler« . Le rappeur y règle ses comptes avec toutes les langues de vipère, tous les hypocrites qui jactent ou qui baveront après l’écoute de l’album.

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Concernant les featurings, Gradur, Lacrim, Houssein, Maître Gims et Booba ont été conviés. Les collaborations sont équilibrées même si le couplet de Booba est juste passable sur « Même tarif« . Mention spéciale pour les collaborations avec Houssein sur « Bronzé à vie » et « Brinks » avec Gradur qui est un banger à la hauteur de ce que l’on peut attendre de ses deux rappeurs, c’est-à-dire bien sale et bien énervé.

De la bonne trap servie avec attitude et détermination.

« Règlement de comptes » s’inscrit d’emblée comme la pièce maîtresse de la discographie solo de Señor Alonzo. Le projet est puissant et au niveau de ce que laissaient présager les singles délivrés entre le printemps 2014 et la sortie du LP. Le rappeur des cités phocéennes, parvient à se démarquer avec un album trap alors que le rap français est plongé dans un capharnaüm de morceaux du genre.

Tout simplement parce que l’univers est assumé, crédible et que les flows ne sont pas empruntés. A tous les scarlas, à tous ceux qui se butent à la salle de sport, à ceux qui sortent en boîte pour décompresser, à ceux qui aiment trainer en bas du block, posés à refaire le monde avec du rap en fond dans la govaà ceux qui attendaient Alonzo au tournant ou qui kiffent tout simplement le bon rap servi avec attitude et détermination, cet album est fait pour vous.

#whereisfranckiesmall

Note:

quatre

 

 

Tracklist :

Foumbouni
Même Tarif feat. Booba
En boucle
La belle vie
Dans son sac feat. Maitre Gims
Carré VIP
Y’a rien à faire
Brinks feat. Gradur
Marseille
En Bombe
Bronze à vie feat. Houssein
RDC
Tu vas parler
Merci feat. Lacrim
Il le fallait

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

2 comments

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  1. mister p 1 février, 2015 at 20:45 Répondre

    L’album était attendu normal qu’il fasse des déçus. Au final, il est plus que passable hormis quelques titres. T’as l’impression qu’un ep avant l’album aurait été du plus grand bien. Dès l’envoi des feat le ressenti a été totalement différemment concernant la sortie finale. La Belle Vie x Y’a rien à faire, annonçaient quand même du solide. Je pense que ce sera un nouveau succès d’estime, pas totalement degueulasse, pas totalement réussi.

  2. Samuel-Frédéric 31 janvier, 2015 at 18:29 Répondre

    Les productions sont assez bonnes, je regrette que l’égotrip prenne autant de place par contre. Il était peut être temps de passer à des textes plus profonds, mieux rédigés.
    Il a quand même plus d’une décennie de carrière derrière-lui, son projet manque d’ambition et de courage!

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