[Bucksland] Chronique #4: Driver – Le Grand Schelem

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Ce que je vais vous raconter n’est qu’une déduction personnelle, ou plutôt le constat de beaucoup de jeunes hommes comme moi qui aiment les femmes aux belles jambes comme toi. Chaque femme est unique, on le sait tous, mais au cours de notre vie on en rencontre trois types en particulier, je vais essayer de brièvement vous les présenter.

Dans la première catégorie se trouvent les plus rares, celles qui restent « fresh » toutes leur vie, de la maternelle au monde professionnel, elles font saigner les mecs du nez, dans le jargon de la rue, on appelle ça des « avions de chasse ».  L’autre type, c’est celles qui illuminaient les cours de récréations.

Jusqu’au lycée, elles faisaient l’unanimité, elles claquaient des doigts et n’importe quel mec en face se transformait en canard, prêt à exaucer tous ses souhaits. Après le lycée, c’est le déclin, elles deviennent lambda, jusqu’à être moins attirantes. Pour ces nanas-là, on n’a pas d’expression, on se contente juste de crâner devant elle avec notre nouvelle meuf, qui, elle, est bien plus sophistiquée, mais surtout plus délicieuse.

La dernière catégorie, c’est celle qui nous intéresse le plus, l’élément déclencheur de mon article. Elle regroupe celles qui finissent par nous faire mordre la poussière, celles qui nous mettent des frappes en pleine lucarne. Plus jeunes, elles étaient souvent discrètes, moquées, ou jouaient au foot avec les mecs. Et puis le temps passe, elles grandissent, prennent conscience de leur potentiel, deviennent coquettes et finissent par péter le score.

Dans la rue, on fait genre qu’on ne les a pas vu, mais si seulement elles savaient… Si je vous ai pondu une intro aussi relou, c’est parce qu’à chaque fois que ce genre de situation m’arrive, je ne peux m’empêcher de penser à Driver et son titre “Pardonne-moi”. Il avait juste raison, il résume avec brio l’histoire, la raison du pourquoi de notre vie, les causes de nos échecs et de nos victoires : la femme.

Avion de chasse : Initialement conçu pour patrouiller ou attaquer un appareil ennemi, cet engin aérien est peu à peu rentré en mutation, jusqu’à totalement se transformer en femme pour s’attaquer aux yeux des hommes, ses victimes favorites, qu’elle aime fusiller impunément dans les rues.

 

Le grand Schelem de Driver, ce n’est pas le genre d’album à écouter dans le métro, car avec des tracks comme “j’fais des pompes” ou “Ambitions”, tu ne peux pas t’empêcher de sourire discrètement, de lâcher un gloussement traître que tu n’as pas le temps de cacher quand ton voisin d’en face te regarde, oui, celui qui te crame et te prend pour un gros naze et bête.

Quand tu écoutes “aie aie aie (le p’tit doigt en l’air)” dans ton salon, t’as juste envie de danser du C Walk oklmzer. En voiture, avec la prunelle de tes yeux, pas besoin de bougie, “un conducteur dans ta vie feat Vibe éclaire ton moment romantique. Et puis, quand tu rides avec ton gars sûr, tu balances “pour ta caisse avec Kybla, et là, tu pousses les watts. En bon français qu’il est, il lui arrive parfois de nous sortir des titres révoltés comme “on fout le dawa” avec Dany Dan, Diam’s et KDD ou un son nostalgique et triste tel que “changer de vie”.

En réalité, les thèmes abordés sont des histoires de la vie de tous les jours, racontés avec audace et humour. Tu as l’impression de lire une bande dessinée, sauf que les bulles tu te les fais dans ta tête, dans ton imaginaire et c’est ce qui rend cet album si eurythmique. Le synonyme de Driver c’est père Castor, sauf que lui, il nous raconte des histoires sur des fond sonores funkys, en compagnie de Julia Channel et Sophie Favier, ce renard.

Ce LP de rap français est un de mes préférés, et pour cause, il y a 17 ans je l’écoutais déjà et il n’y a même pas une semaine, il était encore dans mes oreilles. S’il est toujours dans ma discothèque, c’est parce qu’il vieillit très bien, il ne prend pas de ride, son côté groovy et ensoleillé le rend juste intemporel. Frédéric est un vrai sarcellois et on le sent. Ses influences sont très South Cali, les textes le montrent, mais ses prods l’attestent encore plus.

Les instrus sont très musicales, quand on utilise des samples tels que “Is it a dream” de Carrie Lucas ou “She talk with her body” de Bar-Kays, c’est qu’on a envie de rendre son auditeur jovial, de le conduire, de le ramener vers une sphère mouvementée, remplie d’émotions et d’ébahissements. Dans sa golfette, Driver nous sort un parcours musical des plus soignés et en peu de coup, il arrive à tous nous trouer les oreilles.

Driver, je ne sais pas si Manast LL a pu te montrer le message que je lui avais envoyé le jour de sa visite à OKLM radio. Si c’est le cas, tu sais déjà ce que je pense de toi. Je me souviens encore des propos d’Aelpeacha à ton égard lors de son dernier concert au “Théâtre des étoiles” dans le 10ème arrondissement. Il a balancé une phrase du genre : le rappeur qui va suivre est l’un des plus sous-estimé en France, un des meilleurs lyriciste et parolier qu’on ait jamais connu, laissez la place à Driver… » Mais mec, j’étais archi d’accord, il avait mille fois raison, t’es un peu comme la 205 GTI, tu ne paies pas de mine, mais ton moteur ronronne tellement fort !

Bienvenue à Bucksland !!!

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Franckie Small

Hoodster. Je chausse du 42,5 et je vous emmerde.

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