24/06/2013 – Tokyo Tour @ Paris, Joke confirme sur la capitale !

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joke pan piperTokyo Tour @ Paris, Joke confirme sur la capitale !

Après l’adoubement de son dernier EP (chroniqué ici) et un « Tokyo Tour » qui, si l’on en croit l’actualité de son Facebook, tient toutes ses promesses, Joke s’apprêtait à prendre l’assaut de la capitale en ce lundi 24 juin 2013. Le Festival Paris Hip Hop n’ayant commencé que depuis 2 jours, le Montpelliérain a l’honneur d’ouvrir la partie concert dans une salle du 11ème arrondissement (Pan Piper) qui affichait déjà complet à quelques jours de la date fatidique.

20h10, métro Philippe Auguste, je me dirige vers l’impasse Limier où se situe le Pan Piper, salle que j’arpente pour la toute première fois. Une file assez conséquente s’entasse jusqu’au fond de la rue et au premier abord, le public semble plutôt uniforme : jeune et dans la tendance, d’un point de vue vestimentaire. Mais surtout, et il est nécessaire de le souligner, la parité est de rigueur : les demoiselles se sont déplacées en masse pour assister au show du « jeune héritier du trône de France » ! Tout ce beau monde pénètre assez rapidement  à l’intérieur du Pan Piper et une quinzaine de minutes plus tard, le warm-up peut commencer.

Warm-up : tubes du moment !

Un DJ s’installe et, sans plus attendre, s’adonne à un véritable « blind test » des tubes du moment : d’A$AP Rocky à French Montana, de Rick Ross à Drake, en passant par Chief Keef ou Kendrick Lamar, tout ce qui est « hot » est joué, sans exception ! Grosse réaction du public face au « Work remix » d’A$Ap Ferg, qui décidément a le mérite de mettre tout le monde d’accord, en toute circonstance. Malheureusement, ce mix traine un peu longueur (plus de 30 minutes) et l’enchainement des morceaux laisse parfois à désirer…
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=ApCt_MNWzno]
liveJokeezy pour les intimes !

Il est 21h et des poussières lorsque les lumières s’éteignent, annonçant la venue de celui que tout attend : « Jokeezy pour les intimes ». DJ Asura prend place derrière les platines, procède à quelques réglages, puis fin prêt à découdre, il balance l’intro de « Tokyo », alors que Joke fait son entrée face à un public très enthousiaste. Dès le second morceau, les choses sérieuses commencent : son fidèle lieutenant Bip’S le rejoint pour un « Triumph » fracassant. Malheureusement, les réglages sonores ne sont pas tout à fait au point. L’instrumental semble un ton en dessous des voix, et les basses pas assez percutantes. A en juger la réaction de son manager Oumardinio, qui s’active auprès de l’ingé-son, la situation devrait être réglée au plus vite… ! C’est chose faite dès le prochain morceau, et pas des moindres : « PLM », que le public reprend à l’unisson. Très concentré, Joke semble déterminé à donner un show de qualité à son public. Elle semble très loin l’époque du Can I Kick It 2, où Joke un peu trop éméché avait oublié une partie de ses textes. « Maintenant, je sais qu’il faut pas que j’abuse ! », affirmait-il sur le Close To d’Ofive-TV. Cette détermination se confirme sur « Scorpion », qui électrise encore un peu plus la foule. Visiblement, nous n’aurons pas droit au « remix », car Mac Tyer qui se trouve à quelques mètres sur ma gauche, n’a pas l’air de s’activer pour le rejoindre sur scène. Sûrement plus tard, qui sait ?

A chaque titre son regain d’intensité, Joke ne s’octroie pour l’instant aucun temps mort. Si quelques accrocs sur la forme sont parfois à relever, au niveau de l’énergie fournie, le bonhomme fait le taf. Les 600 personnes présentes montent en régime sur « Tokyo Narita » au rythme de la très grosse prod de Blastar, et Bip’S lui rappelle, avec un sourire non feint, le bon temps qu’ils ont passé au Japon lors du tournage du clip. Les deux compères palpent la température dans la fosse, demandent aux gars, puis aux filles de faire un maximum de bruit. Faussement étonnés devant le nombre de filles présentes, nos deux lascars en profitent pour disserter sur leurs goûts respectifs en matière de plastique féminine. L’introduction idéale pour le très explicite « BBG » (Big Booty Girl), rapidement enchainé par « Journée », un autre titre inspiré par les relations de Joke avec le sexe opposé, lui-même conclu par « Fin de journée », aka le « Bonnie & Clyde 3.0 » ! A noter que sur scène, les refrains chantonnés semblent plus durs à reproduire pour Jokeezy, qui s’appuie sur la bande audio.

« Cristal », « Max B. » suivront, avec une introduction de rigueur pour le dernier (explication de qui est Max B., l’influence qu’il a eu sur la musique de Joke, et la peine de prison dont il a été victime), avant que le très bon « 501 lunettes Cartier » ne soit balancé. Le taf est fait très proprement, mais je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de déception en constatant que Lino ne sera pas de la partie. Un autre invité fait en revanche son apparition, en la personne de Titan, soit la seconde moitié des Monsieur. L’effectif est au complet pour assurer le titre « Aurore Boréale », dans une ambiance qui ne fléchit toujours pas ! Je n’avais pas particulièrement accroché à ce titre sur l’EP et malheureusement, la prestation scénique ne me fera pas changer d’avis. Lorsque le flow s’accélère, Titan et Bip’S sont un peu moins audibles que leur collègue. L’excellent « Louis XIV » est en revanche aussi bon en live que sur l’opus. La production millimétrée de Gucci Vump prend alors tout son sens.

mic jokeLe public est bouillant, mais pas encore assez au goût de Joke. Nous arrivons dans la partie forte du show et la salle doit être prête à exploser. Asura balance le morceau « Ocho Cinco » de French Montana pendant que la foule se livre à un pogo orchestré par le Montpelliérain. Ça n’est toujours pas suffisant, semble annoncer l’expression sur son visage : « Vous pouvez faire mieux… Je veux qu’il y ait un mort dans la salle ! », balance-t-il à un public mi-hilare, mi-choqué. « Asura, envoie la sauce ! ». Le morceau « Django » fait office de tremblement de terre, tant le public semblait l’attendre. Il est rapidement enchainé par « One » et ses passages dubstep tonitruants. « Scorpion » est à nouveau joué, et cette fois-ci Mac Tyer est bel et bien sur scène, et l’accueil qui lui fait est à la hauteur de son aura. Avant de quitter la scène, Joke se doit de rendre hommage à son département natal, avec les morceaux « 3-4 » et « MTP Anthem ». Les mouvements de foule prouvent que les Parisiens ne sont pas si chauvins que ça ! Le MC était censé conclure, mais face au rappel appuyé de la foule, un départ n’est pas encore envisageable. « Triumph » en repeat, embrase le Pan Piper et à l’issue du titre, les supporters de Joke en redemandent … « Scorpion » (encore !) clôture définitivement le spectacle.

Bilan

Si les réactions sur Internet ne traduisent pas forcément de manière très juste la notoriété qu’acquiert un rappeur, il y a un élément qui ne trompe pas : la scène. Et sur ce point, Joke sait désormais qu’il compte une fan base très solide : 600 personnes prêtes à suer corps et âmes au rythme de ses morceaux, ça n’est pas donné à tout le monde. Ce concert au Pan Piper en est la parfaite illustration. Son jeu de scène reste toutefois perfectible et on peut également regretter que les invités n’aient pas été plus nombreux. Mais dans l’ensemble, le show était très satisfaisant et l’intéressé confirme les espoirs qui sont entrevus en lui.
Une fois n’est pas coutume, affaire à suivre !

Peace,

Renaud M.
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Drxo6ad6I4s]

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Renaud M.

J’écris sur les autres, pas sur moi.

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